(Washington) Ce sont surtout des hommes jeunes, arrivés récemment : entre 3,9 et 4,8 millions d’immigrés illégaux vivaient en Europe en 2017, un chiffre « relativement faible » et en baisse par rapport à l’année précédente, selon le centre américain de recherches Pew.

Agence France-Presse

« Moins de 1 % des 500 millions de personnes (habitant) en Europe étaient des immigrés non autorisés en 2017, comparés à 3 % de 325 millions de personnes aux États-Unis », relève le centre Pew dans une étude comparative rendue publique mercredi.

Pour l’Europe, Pew a analysé les données des États de l’Union européenne et de l’Association européenne de libre-échange (Suisse, Liechtenstein, Norvège et Islande).

Le centre considère comme « clandestins » les étrangers entrés illégalement, ceux dont l’autorisation de séjour a expiré, ceux sous le coup d’une expulsion et les demandeurs d’asile dont le dossier est à l’étude - environ un million de personnes - au vu du faible taux d’approbation.

Selon Pew le nombre de clandestins en Europe a connu un pic en 2016 (entre 4,1 et 5,3 millions).

Environ 30 % d’étrangers illégaux viennent de l’Asie-Pacifique (dont l’Afghanistan), 23 % de pays européens non-UE/AELE, 21 % d’Afrique du Nord et Moyen-Orient, 17 % d’Afrique subsaharienne et 8 % des Amériques.

Avec chacun 1,2 million d’illégaux dans la fourchette haute, l’Allemagne et le Royaume-Uni accueillent la moitié des clandestins. En ajoutant l’Italie et la France, 70 % des illégaux vivent dans ces quatre pays qui représentent la moitié de la population totale européenne.

En Italie, qui accueille de nombreux migrants ayant traversé la Méditerranée, la décision des pays frontaliers de contrôler leurs frontières pourrait expliquer le nombre élevé de 700 000 clandestins, selon Pew.  

Au contraire, le faible nombre en France (400 000) peut s’expliquer par les possibilités de régularisation.

En 2017, ces clandestins étaient en majorité des hommes de moins de 35 ans, arrivés depuis moins de cinq ans. Les demandeurs d’asile représentent la moitié d’entre eux, contre seulement 20 % aux États-Unis.

Dans ce pays, Pew estime la population clandestine entre 10,3 et 10,7 millions. L’écrasante majorité vient d’Amérique latine, dont près de la moitié du Mexique, et est installée depuis au moins dix ans.  

Pew a intégré les migrants entrés illégalement sur le sol américain dans leur enfance et les bénéficiaires d’un statut temporaire de protection dans la population clandestine, car leur avenir est « incertain » en raison de la politique migratoire restrictive de l’administration Trump.