(Paris) Une plainte pour «harcèlement sexuel» a été déposée contre l’agent français de mannequins Jean-Luc Brunel, mis en cause dans l’affaire Epstein, pour des faits présumés qui ne sont pas prescrits, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Agence France-Presse

«Le parquet de Paris a reçu il y a quelques jours par courrier une plainte visant des faits qualifiés de harcèlement sexuel», a dit une source judiciaire.

La femme à l’origine de cette plainte sera prochainement entendue par l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), chargé de l’enquête française sur l’affaire Epstein, a ajouté cette source.

Selon une source proche du dossier, les faits dénoncés par la plaignante sont postérieurs à 2015 et ne sont donc pas couverts par la prescription.

Jean-Luc Brunel, un ancien associé de l’agence Karin Models, est soupçonné d’avoir repéré des jeunes femmes pour le financier américain Jeffrey Epstein, accusé de viols sur mineures et retrouvé mort en prison début août.

Le Français a lui-même été accusé de viols par plusieurs anciens mannequins, dont une Néerlandaise aujourd’hui âgée de 46 ans. Selon une source proche de l’enquête, les faits dénoncés par ces ex-top models sont cependant prescrits.

Pour l’instant, sept femmes «ont été entendues» par les enquêteurs, a déclaré jeudi la source judiciaire. Aucune d’elles n’a pour le moment porté plainte.  

Alerté sur de potentielles victimes françaises de M. Epstein, le parquet de Paris avait ouvert le 23 août une enquête préliminaire pour «viols» et autres «agressions sexuelles» et diffusé un appel à témoins. Une perquisition a été effectuée le 17 septembre dans les locaux de son agence Karin Models.

L’agent de mannequins, aperçu début juillet dans une soirée huppée près de Paris, mais qui n’avait depuis donné aucun signe de vie, a «fermement» contesté début octobre, par le biais de son avocate, les «accusations relayées par la presse».

Il «n’est pas en fuite» et se tient «à la disposition de la justice», a insisté l’avocate, Corinne Dreyfus-Schmidt.

Le nom de Jean-Luc Brunel avait déjà été cité dans l’enquête ouverte aux États-Unis contre le multimillionnaire Jeffrey Epstein. Une des principales plaignantes, Virginia Giuffre, a dit avoir été forcée à avoir des rapports sexuels avec lui.

REUTERS

Virginia Giuffre et son avocat David Boies.

Dans une première procédure aux États-Unis, close en 2007, deux femmes l’avaient déjà accusé de jouer le rôle de rabatteur pour M. Epstein, emmenant aux États-Unis des jeunes filles de milieux modestes en leur faisant miroiter une carrière de mannequin.

En 2015, alors en froid avec Jeffrey Epstein, M. Brunel avait dénoncé des «allégations».  

Jeffrey Epstein a été retrouvé mort le 10 août dans sa cellule à New York. Il avait été arrêté et inculpé en juillet pour avoir organisé, entre 2002 à 2005, un réseau de jeunes filles avec lesquelles il aurait eu des rapports sexuels contraints.