(Paris) Une des femmes qui accuse Tariq Ramadan de viol a déposé un référé afin de faire interdire la parution prévue mercredi du livre de l’islamologue suisse, dans lequel il révèle l’identité de cette plaignante, a annoncé lundi son avocat.

Agence France-Presse

Cette femme, surnommée Christelle par les médias, accuse l’intellectuel musulman de l’avoir violée dans une chambre d’hôtel à Lyon, en octobre 2009, ce qui a valu à ce dernier d’être mis en examen.

Il avait d’abord nié tout rapport sexuel avant d’être contredit par l’enquête et d’évoquer aujourd’hui une « relation consentie ».

L’audience est prévue mardi matin au tribunal de Paris.

« Il faut interdire la diffusion de ce livre en l’état, qui révèle l’identité de ma cliente à 84 reprises », a expliqué à l’AFP Me Éric Morain.

« Tous les organes de presse ont respecté la loi. Tariq Ramadan doit la respecter aussi », a-t-il ajouté.

L’avocat de la plaignante fonde sa requête sur la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui interdit de « diffuser […] des renseignements concernant l’identité d’une victime d’une agression ou d’une atteinte sexuelle ».

Cette infraction est passible d’une amende pouvait s’élever à 15 000 euros (22 000 $).

Il demande également que le nom de sa cliente soit remplacé dans le livre par le pseudonyme Christelle.

Dans cet ouvrage, Devoir de vérité, Tariq Ramadan relate la manière dont il a vécu l’affaire qui lui a valu de passer près de dix mois en détention provisoire, dans un texte teinté de méditations spirituelles.

Il y dresse un parallèle entre son cas et l’affaire Dreyfus, le retentissant scandale de la fin du XIXe siècle mêlant erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme à l’encontre du capitaine Alfred Dreyfus, condamné à tort pour haute trahison en 1894 avant d’être finalement réhabilité en 1906.

M. Ramadan est mis en examen pour deux viols en France. Il y est également accusé par deux autres femmes de viols, dont l’un en réunion, des plaintes déposées en mars 2018 et juillet dernier.

Accusé également de viol par une femme en Suisse, il doit être entendu cet automne à Paris par un procureur de Genève.