(Londres) Plusieurs manifestations se sont déroulées samedi à Londres et dans d’autres grandes villes britanniques pour dénoncer la décision du premier ministre Boris Johnson de suspendre le Parlement pendant une partie de la période précédant le Brexit dans deux mois.

Gregory Katz
Associated Press

Des milliers de manifestants se sont rassemblés près de la résidence officielle du premier ministre, au 10 Downing Street, dans le centre-ville de Londres. D’autres manifestations se sont déroulées à Belfast, à York et ailleurs.

Les manifestants voulaient exprimer leur détermination à bloquer une sortie de l’Union européenne « sans entente ».

Le mouvement d’opposition au Brexit a été galvanisé par la décision de M. Johnson de fermer le Parlement pendant plusieurs semaines afin d’empêcher un nouveau débat sur le sujet.

À Londres, les manifestants ont scandé « Boris Johnson, honte à vous ». Certains portaient des affiches « Arrêtez le coup d’État ». Selon eux, la décision du nouveau premier ministre brime leur droit et menace la démocratie.

Ces manifestations ont été organisées par un groupe anti-Brexit, « Une Autre Europe est possible », et par « Momentum », une organisation liée au Parti travailliste. Celui-ci a exhorté ses membres à « occuper les ponts et à bloquer les routes ».

Selon les organisations, des manifestations devaient se dérouler dans plus de 30 villes en Angleterre, en Écosse, en Irlande du Nord et au Pays de Galles.

À Exeter, dans l’ouest du pays, la pharmacienne Bridie Walton manifestait pour la première fois de sa vie.

« Personne n’a voté pour l’établissement d’une dictature, a-t-elle commenté. C’est la décision d’un homme qui craint que ses arguments ne tiennent pas la route si ceux-ci sont examinés. »

Certains députés veulent présenter un projet de loi visant à empêcher une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord. Leur plan deviendra plus difficile à réussir si le Parlement est fermé pendant une partie de la période précédant le Brexit, le 31 octobre.

La suspension du Parlement fait aussi l’objet de trois contestations judiciaires, lesquelles seront débattues devant les tribunaux au cours de la semaine prochaine.