(Urrugne) À une vingtaine de kilomètres de Biarritz, station balnéaire du sud-ouest de la France où s’ouvre samedi le G7, anticapitalistes, défenseurs de la planète, altermondialistes et autres opposants ont commencé lundi à se rassembler dans leur quartier général d’Urrugne, pour une semaine d’actions qu’ils promettent pacifique.

Carole SUHAS
Agence France-Presse

Dès le matin, les premiers militants sont arrivés sur les lieux du contre-sommet et commencent à installer le « camp de vie » qui devrait accueillir entre 5000 et 10 000 personnes, selon les organisateurs.  

Loin des zones urbaines et ultra-touristiques, le QG des opposants est installé dans un ancien centre de vacances, aujourd’hui désaffecté. Ils ont investi les quelques bâtiments au milieu des champs de cette commune basque quasi-rurale entre Saint-Jean-de-Luz et Hendaye, située au bord de l’Atlantique, le long de la célèbre route de la Corniche.

« On installe les infrastructures nécessaires, c’est-à-dire des douches, des toilettes, le camping et des cantines pour pouvoir nourrir des milliers de personnes.  C’est un camp collaboratif basé sur l’autogestion », explique Bertrand Lataillade, l’un des responsables, au nom de la plateforme locale d’opposants baptisée « G7 Ez » (« non au G7 » en basque).

Lundi matin, ils sont quelques dizaines à prêter main-forte pour monter chapiteaux et autres scènes. Le gros des troupes est attendu mardi, alors que le contre-sommet sera officiellement lancé mercredi matin, à 7 h 30 GMT (4 h 30 à Montréal),  par des conférences et des ateliers dans les villes voisines d’Hendaye et, côté espagnol, Irun.  Plus de 200 intervenants pour 40 conférences et 50 ateliers sont annoncés pendant trois jours.  

« Dès que les gens arrivent, ils proposent leur aide. Beaucoup ont l’habitude de ce genre de rendez-vous », s’enthousiasme Danielle Mesplé, bénévole responsable de l’accueil et membre du syndicat français Solidaires. « Tout ça se passe dans un cadre très organisé, négocié avec les autorités. En fait on nous autorise à faire un contre-sommet », nuance la militante qui assure que tout sera fait « pour que les choses se passent bien ».   

Non loin, le coin restauration s’organise. C’est là que plusieurs milliers de repas seront servis chaque jour, par plusieurs cantines différentes. « Il y a des Suisses, des Belges […] et nous, des Bretons », explique Dominique, l’un des bénévoles.  

« Promotion d’un autre monde »

Avec leur cantine baptisée « Nourrir la grève », les Bretons sont rompus à l’exercice. « On a déjà fait à manger pour des luttes locales autour de chez nous », telle la longue mobilisation contre l’installation d’un nouvel aéroport dans la région de Nantes, « donc on est équipés pour ce genre de moment, pour nourrir tout le monde », explique le bénévole.

« Nous on veut faire la promotion d’un autre monde et on veut présenter des initiatives, des expériences qui fonctionnent, et des témoignages sur les façons de consommer pour réduire drastiquement, par exemple, la consommation d’énergie », précise Bertrand Lataillade. Un espace consacré à la lutte des gilets jaunes français est notamment prévu, et des militants de toute l’Europe sont attendus à Urrugne.

Du côté des mobilisations, le 24 août, jour du lancement du sommet des chefs d’État à Biarritz, une grande manifestation s’élancera d’Hendaye pour rejoindre Irun, de l’autre côté de la frontière.

Le lendemain, des actions « d’occupation des places publiques » auront lieu dans sept communes limitrophes de la cité balnéaire. « C’est la zone arc-en-ciel qui viendra encadrer les puissants à Biarritz. C’est aussi le but de ce camp, pour monter cette action, qu’elle soit bien coordonnée, bien comprise et massive. On veut montrer à ces sept chefs d’État qu’ils sont tout seuls », lance Bertrand Lataillade.

Quelques jours plus tôt, les opposants avaient assuré qu’ils agiraient avec « calme et détermination ». « Nous ne dégraderons rien, nous ne participerons pas à la surenchère. Nous n’entrerons pas en confrontation avec les forces de l’ordre et s’il y a des violences répressives nous opposerons des techniques de résistance non violentes », avait déclaré Aurélie Trouvé, membre de la plateforme « Alternatives G7 », à l’origine des mobilisations.