(Saint-Denis) Plus de 200 migrants, originaires majoritairement d’Afghanistan, d’Irak, de Somalie et du Soudan, ont été évacués dans le calme mercredi matin d’un campement de fortune de Saint-Denis, au nord de Paris, a constaté une journaliste de l’AFP.

Agence France-Presse

« Nous avons mis à l’abri entre 200 et 230 personnes dans l’un des cinq centres d’accueil et d’examen de situation (CAES) d’Ile-de-France », a indiqué à l’AFP un représentant des autorités régionales.

L’opération, menée par la préfecture de région et l’association France terre d’asile, s’est déroulée dans le calme et toutes les personnes présentes sur place ont pu être prises en charge. « 231 hommes isolés, un couple et une femme ont été mis à l’abri. Une quarantaine de personnes ont refusé », a ajouté la préfecture de région, qui estime avoir mis à l’abri plus de 5000 personnes depuis le début de l’année.

Mais « cela ne règle pas le problème sur le fond, c’est un cycle sans fin, nous en sommes à la troisième évacuation depuis janvier », a déploré Philippe Caro, de l’association Solidarité migrants Wilson.

« C’est un répit pour quelques jours. Les personnes pourront voir un médecin, se doucher et se reposer, un temps donné », ajoute une autre membre de l’association, « mais les migrants n’en peuvent plus d’être embarqués pour deux jours, certains peuvent être remis à la rue dès ce soir, c’est décourageant pour eux », regrette-t-elle.  

Une information démentie par la préfecture de région : « la durée moyenne dans un CAES (Centres d’accueil et d’examen de la situation, NDLR) est entre 10 à 15 jours, les personnes qui repartent dès le soir, c’est de leur volonté car ils savent qu’ils ont épuisé leurs droits », affirme la préfecture.

Prévenus la veille, ces hommes isolés, originaires majoritairement d’Afghanistan, d’Irak, de Somalie et du Soudan, rangeaient leurs affaires, leurs tentes et leurs duvets jusqu’au dernier moment avant de monter dans les bus, « de peur de perdre nos affaires », raconte Mattio, un Afghan de 22 ans en France depuis août 2016.

« Nous sommes dépités et scandalisés par ces mises à l’abri sur un temps donné. On réclame que l’État mette des moyens pour assurer ses missions. Aujourd’hui, la situation est inhumaine », a affirmé Suzanna de la Fuente, adjointe à la mairie de la ville de Saint-Denis.  

Lors d’une précédente opération en avril, près de 800 migrants avaient été évacués de deux campements dans le nord de Paris.