(Marseille) « Peut-être faudrait-il utiliser des bombardiers d’eau », conseillait lundi Donald Trump aux pompiers français pour éteindre les flammes qui ravageaient Notre-Dame. « Ce serait comme jouer aux quilles avec la cathédrale, tout s’effondrerait », a répondu mardi le porte-parole de la Sécurité civile à l’AFP.  

Olivier LUCAZEAU
Agence France-Presse

Un Canadair, c’est 6300 litres d’eau embarqués. Au moins 3000 litres en larguant qu’une des deux soutes. « L’équivalent d’un bloc de béton de 3 tonnes, lancé à 250 km/h, explique le lieutenant-colonel Michaël Bernier. Et là, ce sont les deux tours qui risquaient de s’effondrer ».

« C’est techniquement impossible, irréalisable, et surtout ce serait totalement inutile », insiste ce gradé des sapeurs-pompiers, porte-parole de la Sécurité civile, encore étonné qu’une proposition aussi « risible » ait pu être reprise et envahir les réseaux sociaux lundi soir, alors que les soldats du feu luttaient contre le sinistre.

Réservés aux zones non habitées, de tels largages d’eau sont impossibles dans des secteurs urbanisés, et encore plus sur une ville d’une densité telle que Paris.  

« Les immeubles voisins seraient touchés par les blocs de pierre projetés, sans compter qu’il faudrait au préalable évacuer la totalité du site », insiste M. Bernier. Impossible donc lundi soir à Notre-Dame, avec 500 sapeurs-pompiers mobilisés, dont certains sur l’édifice lui-même.

Même avec un hélicoptère bombardier d’eau qui ne transporte que 1500 litres d’eau, loin donc des volumes embarqués par les Canadair, les dégâts seraient considérables : « C’est la nef qui s’effondrerait, il n’y aurait plus d’arcs-boutants ».

« Le largage d’eau par avion sur ce type d’édifice pourrait entraîner l’effondrement de l’intégralité de la structure », avait tweeté dès lundi soir la Sécurité civile.

Aux États-Unis, l’idée de tels largages d’eau a été testée sur un camion en feu, sur une route, raconte le lieutenant-colonel Bernier : « Après, il ne restait plus rien, tout était broyé ».

Autre paramètre qui rendait impossible lundi soir l’intervention de tels bombardiers d’eau, l’interdiction en France de largages de nuit, contrairement à ce qui se pratique en Australie par exemple : « Là-bas, ils vont intervenir dans des secteurs à 100 kilomètres de la première maison. Au pire, ils tuent un kangourou ! »

La flotte française de bombardiers d’eau - 12 Canadair, 8 Tracker et 2 Dash - est stationnée sur la base de Nîmes-Garons dans le Gard (sud-est de la France). Les Tracker qui partent peu à peu à la retraite, seront progressivement remplacés par des Dash, dont six nouveaux exemplaires vont arriver d’ici à 2022.