Le parti du président turc Recep Tayyip Erdogan, donné perdant aux élections municipales à Istanbul et Ankara, a déclaré samedi qu'il accepterait les résultats qui seront annoncés après le recomptage des voix en cours, peu importe le vainqueur.

Mis à jour le 6 avr. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

« Nous respecterons les résultats finaux après le recomptage, qu'ils soient à notre avantage ou à notre désavantage », a affirmé le porte-parole du Parti de la justice et du développement (AKP, islamoconservateur), Omer Celik.

« Au bout du compte, le Haut-comité électoral va dire que tel ou tel candidat l'a emporté avec tant de voix d'écart, et nous devrons tous respecter ce résultat », a-t-il ajouté lors d'une rencontre avec la presse étrangère à Istanbul.

Selon les résultats provisoires des élections municipales qui se sont tenues dimanche dernier, l'opposition a arraché Ankara à l'AKP et est arrivée d'un cheveu en tête à Istanbul.

Mais le parti de M. Erdogan, dénonçant des « irrégularités flagrantes », a demandé et obtenu le recomptage des voix dans plusieurs districts de ces deux villes.

À Istanbul, l'écart se resserrait, l'opposition affirmant samedi qu'elle maintenait une avance de près de 18 000 voix après recomptage de la moitié des urnes, contre environ 25 000 avant recomptage.

Le candidat de l'opposition à Istanbul, Ekrem Imamoglu, accuse l'AKP de chercher à gagner du temps pour « faire sortir des dossiers » compromettants sur d'éventuelles malversations à la mairie.

« Ce sont des spéculations creuses », a balayé M. Celik samedi. « Tout est connu : les appels d'offre, les montants, les décisions du Conseil municipal ».

M. Celik a par ailleurs affirmé que son parti, qui a la majorité au conseil municipal à Istanbul et Ankara, ne serait pas dans le blocage permanent si l'élection de maires d'opposition était confirmée.

« Nous avons toujours travaillé avec des maires d'opposition, nous ne serons pas dans une posture visant à leur rendre la vie difficile de manière délibérée », a-t-il dit.

Rappelant que l'AKP et son partenaire de coalition MHP (ultranationalistes) avaient récolté 52 % des voix à l'échelle nationale, M. Celik a considéré que ces élections étaient « un grand succès », même si la perte d'Istanbul et Ankara était confirmée.

« Après chaque scrutin, on entend "Erdogan est fini, l'AKP est terminé". Mais c'est un voeu pieux », a-t-il ajouté.