Une enquête a été ouverte après l'agression filmée d'une femme transgenre dimanche à Paris en marge d'un rassemblement de soutien au peuple algérien, un incident qui a provoqué l'indignation de plusieurs responsables politiques et d'associations en France.

Mis à jour le 3 avr. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, une femme transgenre est prise à partie par plusieurs personnes en marge d'un rassemblement dans le centre de Paris en faveur d'un changement de régime en Algérie, avant d'être mise à l'écart par le service de sécurité de la compagnie de transport public RATP.

Sur les images, «on voit la foule vociférer et la personne essayer de se défendre, mais recevoir des coups et des insultes», décrit Joël Deumier, président de l'association SOS Homophobie, ajoutant que ces actes ne devaient pas rester «impunis».

Dans une entrevue à la chaîne BFMTV, la jeune femme, présentée comme Julia, a fustigé «une unité» de la part de ses agresseurs «pour (l') humilier». «Ça a été super violent», témoigne-t-elle. «Je me suis retrouvée face à trois individus [...] : l'un des trois [...] m'a dit "mais en fait t'as des seins! Je peux toucher?" et il m'a mis la main sur la poitrine».  

«Le troisième individu a sorti son sexe devant moi et l'a secoué en me disant que j'allais devoir lui faire plaisir», a-t-elle également rapporté, tout en appelant à éviter tout «amalgame», après avoir reçu des messages associant son agression avec la communauté algérienne.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour «violences commises à raison de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre», a précisé une source judiciaire, ajoutant qu'une personne avait été placée en garde à vue avant d'être relâchée.

«Chacun devrait pouvoir se déplacer librement dans l'espace public quel que soit son sexe ou son genre. Cette vidéo montre que ce n'est pas le cas et qu'il y a encore beaucoup de progrès à faire», a relevé M. Deumier.  

La secrétaire d'État française en charge de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations a dénoncé une scène «inadmissible», rappelant que les agressions homophobes et transphobes «ne sont pas des opinions mais de la bêtise et de la haine». «Elles agressent et tuent», a écrit Marlène Schiappa sur Twitter.

«Je n'ai même pas de haine [...] je ne souhaite du mal à personne, ce que je veux c'est qu'ils soient punis pour qu'ils comprennent ce qu'il s'est passé [...]. Je veux juste qu'on avance et qu'on évolue et que les mentalités changent», a ajouté Julia sur BFMTV.

Le nombre d'agressions à caractère transphobe a fait un bond de 54% en 2017 en France, selon le rapport annuel 2018 de SOS Homophobie.