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Incendie à la Banque de France: un an de prison pour un artiste russe

Piotr Pavlenski et son ex-compagne Oksana Chaliguina étaient... (PHOTO AFP)

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Piotr Pavlenski et son ex-compagne Oksana Chaliguina étaient jugés pour «destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes».

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CAROLINE TAIX
Agence France-Presse
Paris

«L'art politique» au coeur des débats au tribunal : l'artiste contestataire russe Piotr Pavlenski, qui a incendié la façade d'une succursale de la Banque de France dans la capitale en octobre 2017, a été condamné jeudi à Paris à un an de prison.

L'incendie était, selon le prévenu, une performance artistique, intitulée Éclairage. «La banque de France, située place de la Bastille, c'est historiquement honteux», a justifié le prévenu, admiratif de «la France révolutionnaire qui était à l'avant-garde». Il dénonce «le pouvoir de la finance».  

«La seule chose que je veux, c'est déplacer la Banque de France de la place de la Bastille. Et vive les gilets jaunes !», a lâché Piotr Pavlenski, réfugié politique en France depuis mai 2017.

L'artiste de 34 ans et son ex-compagne Oksana Chaliguina, 39 ans, étaient jugés pour «destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes». Ils avaient été arrêtés tôt le 16 octobre 2017 devant la succursale incendiée de la Banque de France.  

«Cette audience est assez exceptionnelle», a déclaré le président du tribunal avant de rendre le jugement. «C'est l'audience où l'art rencontre le droit, où on oppose le code pénal et les recueils de poésie», a-t-il continué avant de citer Jean Cocteau. Mais le magistrat a revêtu sa robe pour juger.  

«À travers l'expression artistique, il y a un geste qui a dégradé des biens, qui a représenté un danger pour les personnes. [...] Le juge et l'artiste ne peuvent se rencontrer», a-t-il déclaré, avant de détailler les peines.  

Piotr Pavlenski, crâne rasé, traits émaciées et tout de noir vêtu, a été condamné à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis. Comme il a déjà passé onze mois en détention provisoire, il ne devrait pas retourner en détention.  

Oksana Chaliguina a été condamnée à deux ans de prison, dont 16 mois avec sursis. Lors de l'incendie, la femme blonde platine portait lunettes de soleil et perruque noires. «C'était en hommage à Jacques Mesrine», célèbre pour ses braquages et évasions spectaculaires.  

Ils ont l'interdiction de détenir une arme pendant 5 ans. Ils devront payer 18 678 euros à la Banque de France au titre du préjudice matériel, et 3000 euros au titre du préjudice moral. «Jamais !», a vivement réagi, en russe, Piotr Pavlenski.

«Salon artistique»

La Banque de France, qui s'était constituée partie civile, a expliqué que la succursale, qui accueille notamment des personnes surendettées, avait dû fermer trois jours à cause de l'incendie. Et au-dessus des bureaux, se trouvaient des appartements habités.  

«C'est une décision équilibrée», s'est félicitée l'avocate des deux prévenus, Dominique Beyreuther Minkov. «C'était une audience poétique, où on a parlé de la place de l'artiste dans la société», s'est-elle réjouie.  

Piotr Pavlenski a expliqué que le condamner revenait à «officiellement interdire l'art politique en France». Puis contestant les traductions de l'interprète, il a fait valoir son droit au silence. «La justice française a une longue histoire avec ses artistes et ses intellectuels», avait fait valoir juste avant le président.

«Nous ne sommes pas dans un salon littéraire, ni dans un salon artistique», a pour sa part déclaré la représentante du parquet. «On peut être artiste, mais aussi artiste et délinquant». Elle a requis quatre ans de prison dont 18 mois avec sursis contre Piotr Pavlenski, et trois ans dont 18 mois avec sursis contre son ex-compagne. «Ils ont peu de reconnaissance pour le pays qui les a accueillis», a-t-elle reproché.

L'artiste s'est fait connaître en défiant régulièrement les autorités russes : il a notamment arrosé d'essence et incendié les portes du siège de l'ex-KGB à Moscou. En 2016, Piotr Pavlenski avait fait sept mois de détention puis avait été condamné à une amende pour avoir «endommagé» la Loubianka, siège historique des services de sécurité russes.




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