(Bobigny) Le dirigeant de la gauche radicale en France Jean-Luc Mélenchon a été condamné lundi à trois mois de prison avec sursis pour rébellion et provocation lors d’une perquisition agitée au siège de son parti, La France insoumise, en octobre 2018.

Agence France-Presse

Le tribunal correctionnel de Bobigny, près de Paris, a suivi les réquisitions du parquet et M. Mélenchon devra également s’acquitter d’une amende de 8000 euros.  

«C’est un jugement politique», a réagi à la sortie de l’audience le leader du parti La France insoumise (LFI), qui espérait être relaxé et affichait une mine sombre.

Accompagné de sa garde rapprochée, il a dénoncé le timing de cette condamnation qui tombe en plein mouvement social contre la réforme des retraites.

«Je dois répondre à ce cirque médiatico-politique alors que je suis en pleine bataille contre le gouvernement pour faire tomber cette loi retraite», a déclaré le député.

Il a annoncé ne pas avoir l’intention de faire appel, lors d’une conférence de presse dans l’après-midi. «Ça voudrait dire qu’on croit qu’il y a une justice pour moi, il n’y en a pas : quoi que je fasse je suis condamné d’avance», a lancé M. Mélenchon, qui a balayé la perspective d’«une pantalonnade de plus».

Pour David Lepidi, avocat de policiers parties civiles, «il n’y a pas eu de politisation de cette affaire». Douze personnes s’étaient constituées parties civiles, principalement des policiers et magistrats.

Le député Bastien Lachaud, l’eurodéputé Manuel Bompard, le président de l’association L’Ère du peuple Bernard Pignerol et Muriel Rozenfeld, l’attachée de presse du mouvement, ont eux été condamnés à des amendes de 2000 à 7000 euros.

Le bouillonnant leader de la gauche radicale française avait vivement réagi, le 16 octobre 2018, à une perquisition au siège de son parti dans le cadre de deux enquêtes préliminaires du parquet de Paris. L’une portait sur les comptes de sa campagne présidentielle de 2017 et l’autre sur les conditions d’emploi d’assistants d’eurodéputés de la France insoumise.

Devant les caméras de télévision, Jean-Luc Mélenchon s’était opposé avec virulence à la perquisition. Il avait appelé ses proches à «enfoncer la porte» pour entrer dans les locaux où la perquisition était en cours, affirmant : «La République c’est moi». On le voyait également bousculer un représentant du parquet ainsi qu’un policier qui tentait de s’interposer.

Au procès en septembre, M. Mélenchon s’était défendu d’avoir voulu user de la violence physique, et avait assuré qu’il voulait simplement assister à la perquisition pour s’assurer que le fichier des inscrits à LFI ne soit pas emporté.

Très critique, Me Eric Dupond-Moretti, avocat de policiers, avait lui clamé : «On n’est pas au Venezuela ici. On est en France et quand on outrage un policier, on est condamné». Le ténor du barreau,  absent lundi, avait alors demandé au «tribun» Mélenchon d’«arrêter [son] cirque».