(Istanbul) Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a qualifié mercredi de « positives » les discussions avec les États-Unis destinées à éviter une opération militaire turque dans le nord de la Syrie, a rapporté l’agence étatique Anadolu.

Agence France-Presse

« Nous avons constaté avec satisfaction que nos partenaires se sont rapprochés de notre position. Les rencontres ont été positives et plutôt constructives », a déclaré M. Akar cité par l’agence au troisième jour de ces négociations à Ankara.

« Nous préférerions agir de concert avec notre allié américain », a poursuivi M. Akar. « Si cela n’est pas possible, nous avons dit à maintes reprises que nous ferons ce qui est nécessaire ».

La Turquie a averti à plusieurs reprises qu’elle préparait une offensive contre la principale milice kurde en Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG).

Cette milice est considérée par Ankara comme le prolongement du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en conflit depuis 1984 avec l’armée turque et considéré par Ankara comme une « organisation terroriste ».

Mais les YPG sont l’épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition kurdo-arabe que les États-Unis et d’autres pays occidentaux, comme la France, ont appuyée et armée contre les djihadistes du groupe État islamique (EI).

Des responsables militaires américains négocient depuis lundi à Ankara avec leurs homologues turcs pour éviter une nouvelle intervention turque.

Ankara et Washington discutent de la création d’une « zone de sécurité » séparant la frontière turque de certaines positions des YPG, mais achoppent sur plusieurs points, notamment la profondeur de cette zone.

Ces derniers jours, la Turquie a plusieurs fois affirmé que si les propositions américaines n’étaient pas « satisfaisantes », elle lancerait une opération en Syrie pour mettre en place cette « zone de sécurité » de façon unilatérale.

Rappelant que son pays avait déjà lancé deux offensives dans le nord de la Syrie depuis 2016, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mardi : « Si Dieu le veut, le processus que nous avons commencé (…) va entrer dans une nouvelle phase très bientôt ».

Mais le nouveau chef du Pentagone, Mark Esper, a averti peu avant le discours de M. Erdogan que toute « incursion unilatérale » de la Turquie contre les combattants kurdes serait « inacceptable ».  

Les relations entre Ankara et Washington, alliés au sein de l’OTAN, sont empoisonnées par une série de dissensions notamment sur le soutien américain aux Kurdes et la décision turque d’acheter un système de missiles russe S-400.