(Paris) François de Rugy a évoqué une « erreur regrettée et payée au prix le plus élevé et le plus cruel » lors de la passation de pouvoir avec Elisabeth Borne à la tête du ministère de la Transition écologique mercredi.

Agence France-Presse

Selon l’ex-ministre, qui a démissionné à l’issue d’une semaine de révélations sur son train de vie, cela « ne peut venir effacer les actes posés, les avancées réalisées, les moyens dégagés pour mener concrètement une politique de progrès écologique ».

Démissionner est selon M. de Rugy « un double soulagement ». « Politique d’abord, parce que je sais votre compétence, votre engagement, votre sens de l’État, votre détermination à conduire les transformations écologiques contre toutes les inerties », a-t-il déclaré à Mme Borne, qui préserve par ailleurs le portefeuille des Transports qu’elle détient depuis 2017.

« Mon soulagement est aussi plus personnel. […] Si l’engagement politique apporte des satisfactions, il charrie aussi des difficultés, des douleurs même parfois, pour celui ou celle qui s’engage évidemment » et pour « l’entourage familial, ma femme et mes enfants, malmenés », a continué le député de Loire-Atlantique.

En annonçant sa démission mardi, il avait déclaré avoir déposé « une plainte pénale en diffamation » contre le site d’investigation Mediapart, à l’origine des révélations sur, notamment, des dîners fastueux lorsqu’il était président de l’Assemblée nationale.

S’exprimant à sa suite dans la cour de l’hôtel de Roquelaure, siège du ministère, Elisabeth Borne a parlé d’un « choix courageux et difficile à titre personnel », pris dans des « circonstances exceptionnelles » et « au service de notre action collective ».

La ministre a réaffirmé que « la transition écologique et solidaire est la première des priorités » du « nouvel acte dans lequel le gouvernement est engagé ».

« Un acte fait d’écoute du terrain, de confiance dans les territoires et les partenaires sociaux, et de détermination à changer concrètement le quotidien de chacun », a dit Mme Borne, qui devait défendre la loi énergie et climat devant le Sénat dès mercredi après-midi.