(Pristina) La mission de l’ONU au Kosovo (MINUK) a dénoncé mardi l’arrestation par la police du Kosovo de deux de ses employés qui ont été blessés lors d’une opération émaillée de violences dans les zones majoritairement serbes.

Agence France-Presse

«La MINUK suit avec une grande inquiétude les développements dans le nord du Kosovo […], dont l’arrestation de deux employés de l’ONU dans le cadre de leurs fonctions», selon un communiqué. «Ces deux employés ont été conduits à l’hôpital pour le traitement de leurs blessures», a ajouté la MINUK, sans plus de détails.  

De son côté, Moscou a indiqué qu’un de ses ressortissants travaillant pour l’ONU et disposant de l’immunité diplomatique avait été arrêté, exigeant sa libération «immédiate».  

Il a été arrêté «alors même qu’il jouissait de l’immunité diplomatique», a dénoncé la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. «Nous considérons que cet acte scandaleux est une autre manifestation de la ligne provocatrice» des dirigeants du Kosovo, a-t-elle poursuivi dans un communiqué.

La Russie est le principal soutien de la Serbie qui rejette l’indépendance du Kosovo, son ancienne province méridionale qui avait proclamé son indépendance en 2008.

Le président kosovar Hashim Thaçi a affirmé que «sous couvert d’être un diplomate», le rossortissant russe «empêchait l’action de la police du Kosovo» qui menait une opération contre la criminalité organisée.  

Le représentant de l’ONU au Kosovo, Zahir Tanin a prévenu que «tout dommage infligé à des employés de l’ONU entraînerait le plus haut niveau de réponses diplomatiques et légales internationales».  

Les autorités kosovares ont affirmé que cette opération policière visait «le crime organisé». Elle a donné lieu à des incidents dans les secteurs majoritairement serbes. Les autorités kosovares ont évoqué une «résistance armée» opposée à sa police par une partie de la population serbe.