(Lyon) L’explosion d’un colis piégé dans une rue très fréquentée de Lyon vendredi en fin d’après-midi, qualifiée d’«attaque» par le président français, a fait une dizaine de blessés légers, dont une fillette, à deux jours des élections européennes.

Sandra LAFFONT, Alexandre GROSBOIS
Agence France-Presse

Ce sac ou colis, qui contenait des vis, clous ou boulons, a été déposé devant une boulangerie d’une rue piétonne et très commerçante proche de la place Bellecour, au cœur de cette ville, l’une des principales de France.

Un homme d’une trentaine d’années, circulant sur un VTT noir et aperçu à proximité des lieux au moment des faits, est recherché par la police, selon une source proche du dossier.

AP

Un périmètre de sécurité a été érigé sur les lieux de l'attaque.

Ce suspect a été filmé par les caméras de vidéosurveillance de la ville, selon le maire du 2e arrondissement, Denis Broliquier.

Le secteur a été évacué et bouclé par les forces de l’ordre.

La section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête.

Aucune piste n’a été privilégiée pour cette explosion, dans un pays fortement traumatisé par une vague d’attentats djihadistes depuis 2015, qui ont fait 251 morts.

Le président Emmanuel Macron a évoqué une «attaque». «À ce stade, il n’y a pas de victime. Il y a des blessés, donc je veux avoir évidemment une pensée pour les blessés, leurs familles», a-t-il déclaré en début de soirée.

De son côté, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a décidé de se rendre sur place et a appelé au renforcement de la sécurité des sites accueillant du public.  

AFP

D’après un dernier bilan fourni de source proche du dossier, 13 personnes ont été touchées par l’explosion, dont 11 ont été emmenées dans des hôpitaux. Toutes ne sont blessées que légèrement, dont une enfant, d’après M. Broliquier.

Le premier ministre Édouard Philippe a annulé sa participation au dernier rallye de la majorité pour les élections européennes de dimanche.

«Une petite fille de 8 ans a été blessée […]. On est plutôt rassuré puisque visiblement il n’y a pas de blessé grave mais en revanche on a une certitude, c’était un engin explosif», a déclaré sur place le maire de l’arrondissement.

«Un grand boum»

En début de soirée des rubans rouges avec la mention «danger de mort» barraient le passage vers la scène de l’explosion. Des véhicules de pompiers s’entassaient avec quelques voitures de police banalisées.

«J’étais en train de travailler, de servir les gens, et d’un coup on entend un grand boum. Du coup, on descend pour voir ce que c’était. On pensait que c’était par rapport aux travaux», la rue étant éventrée par un chantier, raconte Omar Ghezza, boulanger dans un commerce voisin.  

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Les pompiers étaient à l'oeuvre sur la rue Victor-Hugo.

«En arrivant sur la scène, j’ai trouvé six personnes allongées, couvertes de sang. On a essayé de les rentrer dans une boutique pour les couvrir et les soigner mais on n’a pas pu faire grand chose et, du coup, on a appelé la police et les pompiers», a-t-il témoigné.

Eva, étudiante de 17 ans, cherche un copain. Elle est blême, tremblante : elle se trouvait à 15 mètres du lieu de l’explosion. «J’ai cru que c’était un accident de voiture. […] Il y avait des bouts de fils électrique autour de moi, des piles, des bouts de cartons et de plastique».

«Et d’un coup, il y a les sirènes, les pompiers qui ont commencé à débarquer… Les vitres étaient explosées… Je n’ai vraiment pas compris ce qui s’est passé; j’étais en crise d’angoisse». Une commerçante l'a recueillie, lui offrant une pomme et un verre d’eau.

La France métropolitaine s’apprête à voter dimanche pour élire ses députés au Parlement européen. Le scrutin a commencé dans plusieurs États membres depuis jeudi, dont le Royaume-Uni.