(Vilnius) Le premier ministre lituanien Saulius Skvernelis, battu à l’élection présidentielle de dimanche, a annoncé qu’il démissionnerait en juillet.

Agence France-Presse

L’économiste Gitanas Nauseda, novice en politique, est arrivé en tête du premier tour, selon les résultats partiels, et affrontera au second tour le 26 mai l’ex-ministre conservatrice des Finances, Ingrida Simonyte.

« Mon échec à parvenir au second tour reflète l’estimation portée sur moi en tant qu’homme politique », a dit M. Skvernelis à la télévision publique LRT.

« En tant qu’homme politique j’accepte cette estimation et dois prendre cette décision », a-t-il ajouté, précisant qu’il présenterait la démission de son gouvernement en juillet.

Selon des résultats partiels portant sur 83 % des bureaux de vote, M. Nauseda recueille 31,18 % des voix et Mme Simonyte 27,16 %, tandis que M. Skvernelis arrive troisième avec 22,26 %.

La campagne présidentielle a été dominée par la question de la fracture sociale entre riches et pauvres qui grandit en Lituanie en dépit d’une croissance solide.

Les trois favoris avaient affirmé qu’ils chercheraient à s’attaquer à ce problème.

Ancien conseiller d’une banque d’affaires, âgé de 54 ans, M. Nauseda séduit les électeurs à la recherche d’un président impartial au-dessus des querelles politiques.

Après avoir fait son devoir civique dès vendredi dans le cadre du vote anticipé, il a déclaré qu’il avait « le sentiment d’avoir la lourde responsabilité de réduire la polarisation ».

« Nous ne pouvons pas isoler Vilnius du reste de la Lituanie », avait lancé Mme Simonyte, 44 ans, au cours du meeting de clôture de sa campagne électorale dans la capitale. Elle a proposé de réduire le fossé économique entre zones rurales et urbaines grâce à la stimulation de la croissance.  

Libérale, elle soutient le partenariat entre personnes de même sexe.  

En Lituanie, le président n’exerce pas de pouvoir politique au quotidien, mais il est responsable de la politique étrangère et participe aux sommets de l’UE.  

Il nomme les ministres, les juges et les chefs de l’armée et de la banque centrale, mais le plus souvent il doit obtenir l’assentiment du premier ministre ou du Parlement.

Tous les candidats à la présidence se sont présentés comme des partisans convaincus de l’Union européenne et de l’OTAN, considérées comme une assurance contre le grand voisin russe.