(Ljubljana) L’enlèvement d’un viticulteur par un groupe de migrants désireux de se rendre en Italie a relancé le débat sur l’immigration en Slovénie, alimentant les critiques de l’opposition de droite envers la majorité de centre gauche à l’approche des européennes.

Agence France-Presse

La police slovène a confirmé jeudi qu’un viticulteur qui travaillait dans ses vignes dans la région de Bela Krajina, à la frontière croate, avait été attaqué mercredi par quatre migrants, qui l’ont ligoté et jeté dans le coffre de sa voiture avant de voler celle-ci pour se rendre en Italie.

Le véhicule a été retrouvé abandonné près de la frontière italienne avec la victime saine et sauve dans le coffre. Trois des quatre suspects, âgés de 18 à 25 ans et originaires du Maroc et d’Algérie, ont été arrêtés par la police italienne et remis aux autorités slovènes.

Cette agression a été immédiatement dénoncée par le chef de l’opposition de droite, l’ancien premier ministre Janez Jansa, qui a estimé que «le gouvernement ne contrôle évidemment pas la situation migratoire».

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Janez Jansa

M. Jansa était arrivé en tête des législatives de juin dernier après avoir mené une campagne anti-immigration inspirée de son mentor hongrois Viktor Orban. Il avait toutefois dû renoncer à former un gouvernement, faute de réunir une coalition suffisante.

Le parti Nouvelle Slovénie (centre droit), allié à M. Jansa, a également appelé jeudi le gouvernement slovène «à cesser d’ignorer la situation» migratoire.

Premier pays d’entrée dans l’espace Schengen pour les migrants arrivant depuis la Croatie, la Slovénie a officiellement dénombré 3022 arrivées clandestines sur son territoire depuis le début de l’année, un chiffre doublé en un an. La très grande majorité des migrants se contentent de traverser le pays pour rejoindre l’Italie.

Le premier ministre de centre gauche Marjan Sarec a dénoncé jeudi une instrumentalisation politique de l’enlèvement du viticulteur. « Nous savons que les européennes approchent et que certains partis aiment à utiliser cette thématique », a-t-il réagi dans un communiqué.

Selon un sondage réalisé fin avril, le parti LMS de M. Sarec était en tête en vue des européennes avec 17% des intentions de vote, devant le SDS de M. Jansa (14,3%). Traditionnellement très faible en Slovénie, l’extrême droite voyait le parti nationaliste SNS émarger à 3,9%.

Située sur l’ancienne «route des Balkans», la Slovénie, un pays de 2 millions d’habitants, avait vu transiter près de 500 000 migrants en 2015 et 2016, au plus fort de la crise migratoire.