(Saint-Denis de la Réunion) La moitié d’un groupe de 120 migrants sri-lankais arrivés dans l’île française de La Réunion le 13 avril, a été expulsée vers son pays d’origine lundi matin, a-t-on appris auprès de la préfecture.

Agence France-Presse

Les 60 personnes, «dont trois femmes et trois enfants», ont été «reconduits» au Sri-Lanka «par un vol spécial» affrété au départ de l’aéroport Roland Garros, le principal aéroport de cette île de l’océan Indien, a indiqué la préfecture dans un communiqué.

Escortés par 62 policiers et gendarmes, les migrants sont montés dans l’avion sans opposer de résistance. «Beaucoup avaient le visage grave. Il y avait beaucoup de tristesse dans les regards», a raconté un employé de l’aéroport.

À leur arrivée dans l’île sur un bateau en provenance d’Indonésie le 13 avril, les 120 Sri-lankais, dont 9 femmes et 13 enfants, avaient déposé une requête pour obtenir l’asile.

«Trente-quatre ont été admis sur le territoire pour déposer une demande d’asile en France. Leur demande d’asile sera étudiée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA)», a indiqué la préfecture.

Les requêtes des 86 autres ont été rejetées par l’OFPRA.

Les 26 migrants restants «non admis sur le territoire, demeurent en zone d’attente, en l’attente des suites de la procédure les concernant», a précisé la préfecture.

Quelques heures plus tard, la cour d’appel a ordonné leur sortie de la zone de confinement. Désormais libres de circuler sur le territoire réunionnais, ils ont été pris en charge par des associations.

Ces migrants, arrivés dans le département français d’outre-mer à bord d’un bateau de pêche, souhaitaient se rendre en Nouvelle-Zélande. Ils ont déboursé entre 2000 et 5000 euros par personne pour la traversée.

L’embarcation transportait également trois membres d’équipage de nationalité indonésienne qui ont été inculpés pour aide à l’entrée ou au séjour irrégulier en bande organisée. Placés en détention provisoire, ils seront jugés le 15 mai par le tribunal correctionnel de Saint-Denis-de-la-Réunion.

Depuis mars 2018, 273 personnes en provenance du Sri Lanka sont arrivées à La Réunion.

Cent trente s’y trouvent toujours et sont dans l’attente d’une décision de l’OFPRA concernant leur demande d’asile. Toutes les autres ont été renvoyées dans leur pays.

Un peu plus de 4000 kilomètres séparent La Réunion du Sri Lanka. Il «y a manifestement des filières d’immigration illégales à l’œuvre», avait déclaré fin décembre Frédéric Joram, secrétaire général de la préfecture de La Réunion.