Les pompiers portugais qui affrontent depuis sept jours un gigantesque incendie dans le sud du pays, ont profité jeudi de vents moins puissants pour avancer sur les flammes et circonscrire le brasier tout en redoublant de vigilance quant aux éventuelles reprises de feux.

«Les vents ont diminué d'intensité, nous n'avons plus de front actif et la situation est désormais globalement stabilisée mais nous allons rester vigilants car le risque d'incendie va rester élevé vendredi», a déclaré dans la soirée Patricia Gaspar, porte-parole de l'Autorité nationale de la protection civile.

Bombardiers d'eau et hélicoptères ont poursuivi jusqu'au soir leur ballet entre la mer et les montagnes pour maitriser le sinistre qui a calciné près de 27 000 hectares.

Dans l'après-midi, l'accalmie a permis aux villageois de quitter les écoles, gymnases et centres d'accueil de la région pour regagner leur domicile.

Les pompiers et les gendarmes avaient dû évacuer d'urgence dans la nuit de mercredi à jeudi des habitants de localités proches de Silves, ville vers laquelle progressait l'incendie.

«C'était très effrayant parce que la police et les pompiers dévalaient nos petites routes et nous n'avons pas eu d'électricité pendant plusieurs heures. La police nous a demandé de nous préparer à être évacués, ce que nous avons fait (...) nous avons gardé un oeil sur le feu, tout cela est très éprouvant pour les nerfs», a raconté Gerry Atkins, un Anglais de 80 ans habitant près de Silves.

Depuis qu'il a éclaté, l'incendie a fait 39 blessés dont un grave. «21 d'entre eux sont des pompiers», a précisé Patricia Gaspar. Des centaines d'habitants et de vacanciers ont été évacués des alentours de Monchique, un bourg de 6000 habitants à 164 kilomètres au sud de Lisbonne.

Cette région plantée de pins et d'eucalyptus hautement inflammables, coupée de vallées et de ravins difficiles d'accès, est souvent touchée par les feux de forêt. Le plus récent en 2016 avait duré dix jours et ravagé 3700 hectares. En 2003, 41 000 hectares étaient partis en fumée.

«Monchique c'est un peu comme un bol. Jusqu'à présent les feux avaient brulé tout autour mais cette fois le feu a pris à l'intérieur, c'est pour cela que la population a été choquée», a expliqué Conceiçao Cruz, infirmière au centre d'accueil de Portimao, ville voisine de Monchique.

Lynx évacués 

La fumée de l'incendie a atteint jusqu'aux plages de l'Algarve mais le vent qui souffle vers le nord avait dégagé le ciel jeudi.

La progression de l'incendie a également obligé à évacuer vers l'Espagne 29 lynx ibériques du Centre national de reproduction de cette espèce menacée, a annoncé dans un communiqué l'Institut de conservation de la nature et des forêts.

Le gouvernement avait pourtant déployé un dispositif important cette année dans tout le pays pour éviter la répétition des incendies dramatiques de 2017, qui ont fait 114 morts, mais a dû répondre à des reproches sur le manque de coordination des secours.

Stabilisation en Espagne 

En Espagne où plus de 700 pompiers luttent contre un incendie dans la région de Valence, qui menaçait de progresser vers la station balnéaire de Gandia, les autorités espéraient écarter le danger.

L'incendie «est stabilisé», a déclaré le directeur de l'Agence de réaction aux urgences de Valence, José María Ángel, ajoutant espérer une amélioration au cours de la journée.

Il est établi que le feu a été allumé par un éclair pendant un orage électrique lundi.

Le bilan des décès dus à la canicule en Espagne depuis une semaine est monté à 10 avec la confirmation de la mort mardi d'un homme de 41 ans d'un coup de chaleur en Catalogne.