Donald Trump faisait face mercredi à une nouvelle polémique pour avoir qualifié le Monténégro de «tout petit pays», dont les habitants sont «très agressifs», et pour avoir semblé remettre en cause le principe de défense mutuelle au sein de l'OTAN.

Mis à jour le 18 juill. 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Si, par exemple, le Monténégro est attaqué, pourquoi mon fils devrait-il aller au Monténégro pour les défendre?», lui a demandé un commentateur de Fox News, dans un entretien diffusé mardi soir.

«Je comprends ce que vous dites, j'ai posé la même question», a répondu le président des États-Unis. «Le Monténégro est un tout petit pays avec des gens très forts, très agressifs», a-t-il ajouté, allant jusqu'à laisser entendre que cette agressivité pourrait déclencher «la Troisième Guerre mondiale» si les autres membres de l'Alliance atlantique devaient venir prendre sa défense.

Invité à réagir mercredi soir devant le Parlement, à Podgorica, le premier ministre monténégrin Dusko Markovic a estimé que les déclarations de M. Trump n'intervenaient «pas dans le contexte de justification de l'existence de l'OTAN, mais dans celui du financement de l'OTAN».

«Il a répondu à la question et dit que les Monténégrins étaient courageux et qu'il ne voulait pas que des citoyens américains combattent et soient tués pour d'autres membres de l'OTAN», a ajouté M. Markovic.

Les propos de M. Trump ont alimenté le tollé suscité jusque dans son propre camp républicain par sa conférence de presse de lundi à Helsinki avec Vladimir Poutine, au cours de laquelle il a été accusé de s'être totalement aligné sur son homologue russe.

«En attaquant le Monténégro et en mettant en doute nos obligations au sein de l'OTAN, le président fait exactement le jeu de Poutine», a déploré sur Twitter le sénateur républicain John McCain. «Le peuple du Monténégro a courageusement résisté à la pression de la Russie de Poutine pour adhérer à la démocratie» et «le Sénat a voté à 97 contre 2 en soutien à son entrée dans l'OTAN», a rappelé cet élu respecté, après avoir déjà vivement critiqué l'attitude de Donald Trump à Helsinki.

Les relations de Washington avec les alliés de l'OTAN viennent d'être mises à rude épreuve lors d'un sommet extrêmement tendu à Bruxelles. Et le président américain est régulièrement soupçonné de vouloir remettre en cause l'article 5 de la charte de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), sa pierre angulaire, qui stipule que toute attaque contre un pays membre est considérée comme une attaque contre tous.

Cet article n'a été invoqué qu'une fois: après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis.

«Trump laisse à nouveau planer le doute sur le fait que les États-Unis, sous sa présidence, viendraient au secours de nos alliés. Un autre cadeau à Poutine», a commenté sur Twitter l'ex-diplomate Nicholas Burns, qui était ambassadeur américain à l'OTAN lors du 11-Septembre.

«J'aime dire que Trump est prévisible, mais je n'aurais jamais imaginé qu'il puisse présenter le Monténégro comme une menace majeure pour la paix dans le monde», a ironisé pour sa part l'expert Thomas Wright, du think tank Brookings.

La porte-parole du département d'État américain Heather Nauert n'a pas souhaité commenter directement les propos de Donald Trump, mais elle a rappelé que le président avait «réitéré la semaine dernière notre engagement à toute épreuve en faveur de la défense collective au sein de l'OTAN».

La déclaration publiée à l'issue du sommet de Bruxelles «affirme clairement que toute attaque contre un allié serait considérée comme une attaque contre tous», a-t-elle insisté.