Un Afghan de 20 ans expulsé illégalement début juillet vers son pays va être reconduit en Allemagne, a annoncé mercredi le ministère allemand de l'Intérieur, critiqué après d'autres cas d'expulsions litigieuses.

AGENCE FRANCE-PRESSE

L'Office fédéral pour les migrants et les réfugiés (BAMF) va «prendre prochainement les mesures nécessaires pour le ramener» en Allemagne, a indiqué à l'AFP l'une de ses porte-paroles.

Ce jeune demandeur d'asile, présenté comme Nasibullah S., avait été expulsé d'Allemagne début juillet avec 68 autres Afghans.

Arrivé en 2015 en Allemagne, année où le pays a accueilli un nombre record de 890 000 migrants, il avait déposé une demande d'asile, rejetée en février 2017.

Nasibullah S. avait alors déposé un recours, mais son appel n'avait pas encore été examiné au moment de son expulsion.

«En raison de la procédure d'appel toujours en cours, il n'y aurait pas dû y avoir d'expulsion», a indiqué à la télévision régionale NDR un porte-parole du tribunal administratif de Greifswald, compétent dans le cas du jeune Afghan.

Ce dernier devait en effet être entendu par la justice dans la semaine suivant la date de son expulsion.

«Il y a manifestement eu une erreur au sein du BAMF», avait reconnu mercredi le ministre de l'Intérieur, Horst Seehofer, farouche opposant à la politique migratoire de la chancelière allemande Angela Merkel, qu'il juge trop généreuse.

M. Seehofer a essuyé une volée de critiques la semaine dernière pour avoir ironisé sur l'expulsion le jour de son 69e anniversaire des 69 Afghans, dont faisait partie Nasibullah S.

Des voix dans l'opposition ont alors dénoncé son «manque d'humanité» et appelé à sa démission après que l'un de ces expulsés se soit suicidé peu après son arrivée à Kaboul.

Plusieurs expulsions litigieuses ont eu lieu ces derniers mois en Allemagne après que Berlin a décidé de durcir sa politique migratoire et d'augmenter le nombre des expulsions.

Un Afghan renvoyé illégalement fin 2017 a ainsi été reconduit en juin en Allemagne où il a obtenu le statut de réfugié.

Dernièrement, un Tunisien, dont Berlin assure qu'il a été un garde du corps d'Oussama Ben Laden, a été expulsé la semaine dernière, bien que la justice allemande s'y soit opposé.

Berlin a signé en 2016 un accord avec Kaboul pour expulser les Afghans déboutés du droit d'asile.

Cette année, 148 Afghans ont ainsi été expulsés, selon des chiffres officiels.