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Helsinki, un choix pas si neutre pour le sommet Trump-Poutine

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Vladimir Poutine et Donald Trump ont rendez-vous à Helsinki le 16 juillet.

Photo Carlos Barria, archives Reuters

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Rebecca Libermann, Hélène Dauschy
Agence France-Presse
Helsinki

Rendez-vous à Helsinki: le choix de Donald Trump et Vladimir Poutine pour leur première bilatérale n'est pas neutre, la capitale finlandaise ayant accueilli plusieurs sommets couperets destinés à détendre l'atmosphère entre Washington et Moscou pendant la Guerre froide.

Le contexte n'a pourtant rien à voir: l'URSS appartient à l'Histoire, Donald Trump s'aliène les alliés européens de Yalta, la Russie est à couteaux tirés avec les Occidentaux, la Finlande n'a jamais été aussi proche des États-Unis et de l'OTAN.

La rencontre entre les présidents américain et russe se tiendra le 16 juillet, avec l'ambition de réchauffer des relations plus dégradées que jamais depuis des décennies.

Une gageure?

À trois heures de train de l'ancienne capitale des tsars - mais aussi à une heure d'avion des pays baltes, membres de l'OTAN - Helsinki, véritable nid d'espions à partir des années 1950, a servi à de multiples reprises de terrain neutre aux dirigeants américains et soviétiques, puis russes.

«La Finlande offrait ses bons offices durant la Guerre froide, sa neutralité consistait à jeter des ponts «entre Est et Ouest» et marquer sa neutralité dans les relations entre grandes puissances», rappelle pour l'AFP Teija Tiilikainen, directrice de l'Institut finlandais des Affaires internationales.

C'est à Helsinki que sont signés, le 1er août 1975, les accords du même nom, réputés avoir contribué à la chute du Rideau de fer et paraphés par Gerald R. Ford et Léonid Brejnev.

Rôle dans la désescalade

Le texte impose aux grandes puissances de respecter les frontières de 1945, telles que Roosevelt, Staline et Churchill les ont tracées à Yalta. Il évoque aussi, pour la première fois, les droits de l'Homme, une pierre dans le jardin de Moscou dont les geôles débordent de dissidents.

En 1990 - un an avant la chute du bloc soviétique - la Finlande organise le dernier sommet URSS/États-Unis de l'ère soviétique, avec le président George Bush et son homologue Mikhaïl Gorbatchev.

«La Finlande s'est toujours affirmée comme refusant la logique des blocs et elle a joué un grand rôle dans la désescalade», confie une source diplomatique à l'AFP.

La dernière grande rencontre entre un président russe et un président américain à Helsinki a eu lieu en 1997, avec Bill Clinton et Boris Eltsine.

Le sommet s'est soldé par plusieurs avancées, notamment le contrôle des armements et l'ouverture de l'OTAN aux anciens satellites de l'Union soviétique.

La donne, en Finlande, a depuis radicalement changé.

Après avoir été suédoise pendant six siècles - jusqu'en 1809, puis Grand-Duché russe jusqu'en 1917 -, la Finlande a dû affronter l'Armée rouge pendant l'hiver 1939-1940, puis de juin 1941 à septembre 1944.

Une fois définitivement libérée du joug soviétique, elle est restée soucieuse de ne pas réveiller l'ogre russe. Les dirigeants finlandais se sont abstenus de toute critique publique pendant la Guerre froide, une réserve théorisée sous le terme de «finlandisation».

Rôle «fondamental» du président

Aussi, dès l'effondrement de l'URSS le pays s'empresse-t-il de se tourner vers l'ouest, adhérant en 1995 à l'UE. Il ne va pas jusqu'à rejoindre l'OTAN, mais intègre son Partenariat pour la paix en 1994.

Le livre blanc publié fin 2017 par le gouvernement souligne «le statut spécial de la coopération de défense bilatérale avec la Suède» et «le rôle important des États-Unis comme partenaire de la Finlande» dans un contexte d'«activité et de tensions militaires accrues dans la région de la mer Baltique».

Pour autant, pas question de couper les ponts avec son puissant voisin - avec qui la Finlande partage 1340 km de frontière - et 5e partenaire commercial.

«La Finlande entretient d'assez bonnes relations avec les Russes actuellement. [...] Elle entretient également des relations étroites avec les États-Unis, beaucoup plus proches que par le passé», indique Juhana Aunesluoma, directeur du centre d'études européennes à l'Université d'Helsinki.

À ce titre, le rôle du président Sauli Niinistö est fondamental. Parmi les premiers à féliciter Donald Trump pour son élection en 2016, il a largement associé Vladimir Poutine aux célébrations du centenaire de l'indépendance.

La Finlande s'inscrit dans la vieille tradition d'intercession des pays nordiques sur la scène internationale.

En 2005, elle a accueilli les pourparlers entre l'Indonésie et les séparatistes de la province d'Aceh, débouchant sur la signature d'un traité de paix. Plus récemment, elle a accueilli des délégations nord-coréenne, américaine et sud-coréenne pour des entretiens sur la situation dans la péninsule coréenne.




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