Source ID:; App Source:

Dix membres de l'ultradroite présentés à un juge

Photo prise le 25 juin de la maison à Tonnay-Charente,... (AFP)

Agrandir

Photo prise le 25 juin de la maison à Tonnay-Charente, en France, du chef de file présumé d'un réseau lié à l'ultradroite, qui a été arrêté avec neuf autres personnes pour avoir présumément planifié des attaques contre les musulmans.

AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Grégory DANEL, Benjamin LEGENDRE
Agence France-Presse
paris

Parmi leurs cibles, ils évoquaient des islamistes sortant de prison ou des mosquées radicales, et certains d'entre eux avaient déjà testé des explosifs : 10 membres de l'ultradroite ont été présentés le 27 juin à un juge antiterroriste à Paris après quatre jours de garde à vue.

Ces neuf hommes et cette femme, âgés de 32 à 69 ans, ont été interpellés en France dans la nuit de samedi à dimanche, soupçonnés d'appartenir à un groupuscule dont les autorités craignaient « un passage à l'acte violent, aux contours demeurant toutefois imprécis à ce stade », selon le parquet de Paris.

Le ministère public voulait la détention provisoire pour neuf d'entre eux.

À leurs domiciles, les policiers ont retrouvé 36 armes à feu, dont 31 sans autorisation, et aussi, chez l'un d'eux, des éléments « entrant dans la fabrication d'explosif de type TATP » ainsi qu'« un guide de fabrication intitulé "le napalm maison" ».

Nommé « Action des forces opérationnelles » (AFO), ce réseau d'extrême droite proclamait fièrement son ambition de lutter contre le « péril islamiste », notamment sur le site Guerre de France.

Depuis deux mois, le groupe était entré dans le viseur de la justice, car il « essayait de recruter de nouveaux membres et d'étendre son maillage territorial », a expliqué le parquet de Paris le 27 juin dans un communiqué.

Le procureur avait donc décidé, le 13 avril, d'ouvrir une enquête pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

Les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure ont rapidement repéré un programme de formation au combat et des stages de « survivalisme » ainsi que des réunions pour « définir des objectifs et des actions à mettre en oeuvre pour les atteindre », selon le ministère public.

Ils avaient surtout établi que des membres « cherchaient à se procurer des armes » et que certains « avaient testé des explosifs et des grenades de confection artisanale ».

Une « réunion conspirative » s'était tenue en avril en Bourgogne, avec entraînement au maniement des armes, et des « débuts de repérages » ont été détectés, a ajouté une source proche du dossier.

Selon cette source, les suspects ont évoqué l'idée de s'en prendre à des musulmans condamnés dans des dossiers antiterroristes et sortant bientôt de prison, à des mosquées radicales, voire à des femmes voilées ou à des supermarchés hallal.

Sur la base de ces éléments, le parquet avait ouvert une information judiciaire le 14 juin. Dix jours plus tard, le juge d'instruction ordonnait ce coup de filet, conduisant à deux interpellations en Corse, deux en Charente-Maritime, une dans la Vienne et les autres en région parisienne.

« Réveil patriote »

Considéré comme le chef de file présumé de ce réseau, un retraité de la police nationale, Guy S., né en 1953 et vivant à Tonnay-Charente, « avait la volonté de durcir l'action d'AFO », a indiqué une source proche de l'enquête.

Un ancien militaire et un ex-professeur, un artisan et un employé de restaurant font également partie des suspects, a précisé la source proche de l'enquête. Ils sont sans antécédents judiciaires, sauf deux d'entre eux, condamnés pour des délits de droit commun.

« Notre mouvement ne prône en aucun cas les attaques ou provocations violentes, qui sont contre-productives », a déclaré le 27 juin à l'Agence France-Presse un responsable du site Guerre de France, sous couvert de l'anonymat.

Il présente AFO comme la « structure opérationnelle » de Réveil Patriote, un groupe créé en 2017 par Guy S. et par d'autres dissidents d'un autre mouvement, les Volontaires pour la France, fondé lui deux ans plus tôt pour défendre « l'identité de la nation française » « contre l'islamisation du pays ».

Le nombre d'actes antimusulmans enregistrés a diminué en 2017 par rapport à 2016, mais les actions violentes ont augmenté de 67 à 72 faits.

Si les dossiers judiciaires impliquant l'ultradroite restent rares au sein du pôle antiterroriste de Paris, accaparé depuis 2015 par la menace jihadiste, un ancien patron du renseignement intérieur, Patrick Calvar, avait redouté en 2016 une possible « confrontation entre l'ultradroite et le monde musulman ».




la boite: 1600127:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer