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Allemagne: les propos de l'ambassadeur américain font sourciller

Richard Grenell (à gauche) discute avec le président allemand... (PHOTO AFP)

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Richard Grenell (à gauche) discute avec le président allemand Frank-Walter Steinmeier lors de sa cérémonie d'assermentation, à Berlin, le 8 mai dernier.

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Agence France-Presse
Berlin

L'Allemagne a demandé lundi à l'ambassadeur américain à Berlin, un fidèle de Donald Trump, des explications après qu'il eut déclaré vouloir «soutenir» les conservateurs en Europe dans un entretien au portail d'extrême droite Breitbart News.

Berlin a demandé «une clarification», a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, ajoutant que Richard Grenell, en poste depuis moins d'un mois à Berlin, aurait l'occasion de s'expliquer lors d'un entretien - prévu de longue date - avec un secrétaire d'État au ministère, Andreas Michaelis, cette semaine.

Selon l'entretien accordé à Breitbart paru dimanche, le diplomate déclare avoir été contacté par «de nombreux conservateurs dans toute l'Europe» qui lui ont fait part de leur sentiment d'une «résurgence en cours» de cette mouvance politique, portée par l'échec des politiques de gauche.

«Je veux absolument soutenir d'autres conservateurs partout en Europe, d'autres responsables», ajoute-t-il, une déclaration pour le moins inhabituelle venant d'un ambassadeur censé rester neutre.

«Je pense que l'élection de Donald Trump a permis aux gens de dire qu'ils ne peuvent pas autoriser la classe politique à déterminer qui va gagner ou qui devrait être candidat avant que l'élection ait lieu», peut-on également lire.

Attaqué sur Twitter, il a paru faire partiellement machine arrière. Il a jugé «ridicule» l'idée qu'il puisse appuyer des partis ou candidats conservateurs lors d'élections en Europe.

Mais «je maintiens mes propos sur le fait que nous vivons un réveil de la majorité silencieuse, ceux qui rejettent les élites et leur bulle. (Un mouvement) mené par Trump», a-t-il ajouté.

M. Grenell a décidé de recevoir à Berlin... (AP) - image 2.0

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M. Grenell a décidé de recevoir à Berlin le 13 juin le chancelier autrichien conservateur Sebastian Kurz.

AP

Remous

Ses déclarations ont provoqué des remous en Allemagne et en Europe.

«Nous devons défendre l'Europe face à Trump, son diplomate n'a pas à s'immiscer dans nos élections ou à tenter d'influencer notre société. Nous respectons la souveraineté des États-Unis, à eux de faire de même», a fustigé Guy Verhofstadt, le chef des élus libéraux au Parlement européen.

«Je sais que vous êtes encore tout nouveau à votre poste mais cela ne fait pas partie des prérogatives d'un ambassadeur de s'immiscer dans la politique de son pays hôte, M. Grenell», a renchéri le secrétaire général du SPD, parti membre de la coalition gouvernementale d'Angela Merkel, Lars Klingbeil.

Signe qu'il envisage son rôle d'ambassadeur de façon particulièrement élargie, M. Grenell, à sa demande, devait également brièvement rencontrer dans la soirée Benyamin Nétanyahou, en visite en Allemagne.

C'est le premier ministre israélien lui-même qui a révélé cette entrevue pour le moins inhabituelle dans un pays tiers. Les États-Unis soutiennent pleinement Israël sur le dossier du nucléaire iranien et se sont retirés de l'accord de 2015, toujours soutenu en revanche par les Européens.

M. Grenell a décidé de recevoir également à Berlin le 13 juin le chancelier autrichien conservateur Sebastian Kurz, une entrevue inhabituelle pour un ambassadeur censé travailler sur les relations germano-américaines.

Dans son entrevue à Breitbart, M. Grenell tresse les lauriers de Sebastian Kurz, qui gouverne en coalition avec l'extrême droite dans son pays et qui doit effectuer à cette période une visite en Allemagne.

«Il s'agit, particulièrement dans des moments comme celui-là, de rester en contact avec les hommes de confiance du président américain, en particulier sur des questions telles que la politique commerciale et les relations transatlantiques», ont commenté les services du gouvernement autrichien dans une déclaration à la presse, assurant que la rencontre avait lieu à la requête des deux parties.

Ancien porte-parole de la mission américaine à l'ONU sous l'administration Bush, le nouvel ambassadeur a travaillé avec John Bolton, un «faucon» nommé récemment conseiller à la sécurité nationale de M. Trump.




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