Au moins 24 migrants qui cherchaient à rallier clandestinement l'Union européenne (UE) sont morts noyés lundi lors du naufrage de leur embarcation au confluent du Bosphore et de la mer Noire, au large d'Istanbul, selon un nouveau bilan des autorités turques.

Six des quelque 40 passagers, pour l'essentiel des ressortissants afghans qui tentaient de se rendre en Roumanie, ont été récupérés sains et saufs par les secours, ont annoncé les gardes-côtes dans un communiqué.

Les recherches étaient toujours en cours lundi à la nuit tombée pour retrouver les 13 autres personnes portées disparues.

Un précédent bilan des gardes-côtes faisait état de 21 morts.

La Turquie est une route importante de l'émigration clandestine d'Asie, du Proche-Orient, et d'Afrique vers l'Europe. Des migrants y sont régulièrement arrêtés et les naufrages en mer assez fréquents.

Douze enfants et sept femmes se trouvaient à bord, et outre des Afghans, certains passagers sont de nationalité syrienne et turkmène, selon les médias turcs.

«Il y avait de nombreux enfants à bord», a témoigné un officier des gardes-côtes, Ali Saruhan, sur la chaîne d'information CNN-Türk. «Le vent a beaucoup gêné les opérations de sauvetage», a-t-il ajouté, précisant que «le bateau était très, très petit, d'une taille nettement insuffisante pour accueillir 40 personnes à son bord».

Emre Can Olcu, le patron d'un des navires de pêche arrivé sur les lieux juste après le chavirage, a raconté à la chaîne d'information NTV que «la mer était couverte de sacs, de chaussures, de vêtements et de gilets de sauvetage non utilisés».

Le bateau «n'était pas un bateau de pêche, c'était un petit bateau de plaisance conçu pour 7 ou 8 passagers, pas 40», a-t-il ajouté.

Selon les médias turcs, les migrants ont embarqué dans le district stambouliote de Bakirköy, le long de la mer de Marmara, et ont ensuite remonté le détroit du Bosphore jusqu'à la mer Noire où ils ont chaviré au large de la localité de Rumeli Fener.

Ils attribuent l'accident aux mauvaises conditions météo en mer Noire et à la surcharge de l'embarcation. Des magistrats, cités par l'agence de presse gouvernementale Anatolie, ont également mis en cause des fuites dans la coque de l'embarcation.

Le procureur d'Istanbul a ouvert une enquête.

Selon NTV, les contrebandiers ont exigé de chaque passager 7000 euros (près de 10 000 $) pour les conduire jusqu'aux côtes roumaines.

Depuis 2011, la guerre civile en Syrie a fait augmenter le nombre de migrants qui tentent de gagner l'UE via la Turquie.

La plupart traversent la Méditerranée à destination de la Grèce, qui a été contrainte de renforcer ses patrouilles maritimes. Les îles de la mer Égée sont redevenues en 2013 la route privilégiée des passeurs après le renforcement des contrôles le long de la frontière terrestre entre la Grèce et la Turquie.

Le nombre total des migrants ayant traversé l'Égée, frontière maritime avec la Turquie, a plus que triplé entre 2012 et 2013, passant de 3345 à 10 508. Sur les huit premiers mois de 2014, ce chiffre a dépassé les 17 000 et devrait s'élever à 31 287 d'ici à la fin de l'année, selon les projections ministérielles.

En 2014, 48 migrants ont péri en mer contre 28 en 2013.

Elle-même confrontée à l'arrivée massive d'immigrants via son île de Lampedusa, l'Italie a confirmé vendredi la fin de l'opération baptisée Mare Nostrum qu'elle avait engagée en octobre 2013 après deux naufrages qui avaient fait plus de 400 morts.

Ce déploiement naval à grande échelle a permis de secourir plus de 150 000 personnes en mer en un an et d'arrêter des centaines de passeurs.