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Poutine risque l'isolement international

La Russie a fustigé les accusations américaines liées... (PHOTO ALEXEI NIKOLSKY, AFP / RIA-NOVOSTI)

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La Russie a fustigé les accusations américaines liées à l'écrasement d'un avion en Ukraine, soulignant que Washington tirait des conclusions avant même le début de l'enquête.

PHOTO ALEXEI NIKOLSKY, AFP / RIA-NOVOSTI

Anna SMOLCHENKO
Agence France-Presse
MOSCOU

La Russie risque de faire face à un isolement grandissant après la catastrophe du Boeing malaisien alors que l'opinion publique occidentale se ligue contre le président russe Vladimir Poutine qui pourrait également faire face à des critiques à domicile, estiment les experts.

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Photo SAEED KHAN, AFP

La chute de l'avion de ligne malaisien, probablement abattu par un missile, et la mort de ses 298 passagers au-dessus de l'Est de l'Ukraine, zone de combat entre rebelles prorusses et forces loyalistes, marque un tournant dans cette crise qui dure depuis huit mois, et pourrait bien avoir des conséquences politiques et économiques imprévisibles pour la Russie.

«Nous observons un choc majeur entre la Russie et l'Occident. L'isolement de la Russie va s'aggraver de manière conséquente», a déclaré à l'AFP Iouli Nisnevitch de l'École des hautes études en sciences économiques à Moscou.

La chute de l'avion malaisien, abattu par ce qui semble être un missile sol-air, a provoqué une indignation dans le monde entier, Washington accusant directement les rebelles prorusses d'être responsables de la tragédie.

La Russie a de son côté fustigé les accusations américaines, soulignant que Washington tirait des conclusions avant même le début de l'enquête.

Le vice-ministre russe de la Défense, Anatoli Antonov, a notamment déclaré samedi que la Russie était victime d'une guerre de désinformation.

«Je pense que si l'enquête incrimine Moscou, même de manière indirecte, la Russie niera sa responsabilité», assure l'économiste russe, résidant à Paris, Sergueï Gouriyev.

«Si l'enquête accuse la Russie, cela serait une catastrophe pour le pays», souligne de son côté le politologue indépendant Evguéni Gontmakher.

Dans les pas de l'Iran ?

Au-delà de la responsabilité de l'un des deux camps, les analystes jugent que le fossé d'incompréhension entre la Russie et l'Occident ne ferait que se creuser.

«La situation ne ferait qu'empirer», explique M. Gontmakher, estimant que la Russie pourrait se retrouver aussi isolée que l'Iran. «Je crains que nous ne nous dirigions dans cette direction».

S'il s'avérait que l'enquête souligne la responsabilité de Moscou, Vladimir Poutine risque également de faire face à une vague de critiques en Russie, portant un coup à sa popularité pour le moment au plus haut.

La mort de 298 personnes risque «d'être le début de la fin pour le président russe», assure le journaliste d'opposition Ivan Iakovina sur le portail d'informations en ligne Novoye Vremya.

Certains commentateurs ont même tracé un parallèle avec le régime de l'ex-président libyen Mouammar Kadhafi, instigateur de l'attentat qui a provoqué l'explosion du vol 103 de la Pan Am au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie en 1988, provoquant la mort de 270 personnes.

La critique du Kremlin Ioulia Latinina a qualifié la tragédie du vol malaisien de «second Lockerbie» au micro de la radio Echos de Moscou.

«Bien sûr, la Russie n'est pas la Libye», écrit de son côté le journaliste Maxime Samoroukov sur le journal en ligne Slon.ru, ajoutant qu'un isolement complet serait difficile à imposer à Moscou en raison de son siège permanent au Conseil de Sécurité de l'ONU et de ses alliés en Asie et en Amérique du Sud.

«Cela dit, il n'y a pas besoin de tous les pays du monde pour décréter un embargo contre la Russie. Ici, même la neutralité de la Chine n'aidera pas», nuance-t-il.

Un coup dur pour l'image de la Russie

Au-delà de l'enquête, les experts estiment que la tragédie a déjà été très dommageable pour l'image de la Russie à l'étranger.

Le premier ministre australien, Tony Abbott, a sous-entendu samedi que le président russe ne serait pas le bienvenu au sommet du G20 en Australie en novembre s'il ne coopérait pour favoriser un bon déroulement de l'enquête sur l'écrasement.

La participation de la Russie aux réunions du G8 avait déjà été suspendue après le rattachement de la Crimée en mars et le sommet qui devait avoir lieu après les jeux Olympiques de Sotchi début juin avait été annulé.

Selon les experts, les chefs d'État européens, jusque là très divisés sur l'attitude à adopter face à la Russie, pourraient revenir dans la droite ligne américaine de renforcement des sanctions.

Le premier ministre britannique, David Cameron, a notamment déclaré que l'Occident devait «changer fondamentalement son approche» envers la Russie.

La veille de la catastrophe, les États-Unis et l'Union européenne avaient déjà adopté de nouvelles sanctions contre Moscou, Washington visant notamment les secteurs russes de la défense, de l'énergie et de la finance.




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