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Le Kremlin serre la vis à l'opposition

Le président Poutine n'a pas identifié nommément dans... (PHOTO SERGEI GRITS, ARCHIVES AP)

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Le président Poutine n'a pas identifié nommément dans son discours le «groupe disparate de traîtres à la nation», mais parmi ces «traîtres» qui entretiendraient des liens étroits avec l'étranger figure notamment l'avocat Alexeï Navalny (ci-dessus), qui voit se multiplier contre lui les procédures judiciaires.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Le régime russe profite de la flambée nationaliste suscitée dans le pays par l'annexion de la Crimée pour mettre au pas les dissidents qui lui résistent toujours et réduire au passage l'espace critique à sa plus simple expression.

Le président Vladimir Poutine a souligné ses intentions au trait rouge, le 18 mars dernier, dans un discours où il formalisait l'intégration de la république sécessionniste en brandissant le spectre d'une «cinquième colonne» opposée aux visées de l'État.

Bien qu'il n'ait pas alors identifié nommément le «groupe disparate de traîtres à la nation» ciblé par ce vocabulaire belliqueux, ses visées étaient claires.

Parmi ces «traîtres» qui entretiendraient des liens étroits avec l'étranger figure notamment l'avocat Alexeï Navalny, qui voit se multiplier contre lui les procédures judiciaires.

L'homme de 37 ans, en résidence surveillée depuis février, a été condamné la semaine dernière pour avoir diffamé en ligne un député de Russie unie, le parti au pouvoir. Il est aussi poursuivi par un autre élu de la formation pour avoir allégué qu'il cachait des biens au fisc.

Le militant, qui s'est illustré par ses dénonciations de la corruption du régime, doit aussi composer avec un procès pour escroquerie et blanchiment qui a des répercussions potentielles beaucoup plus graves, puisqu'il pourrait lui valoir 10 ans d'emprisonnement.

M. Navalny avait déjà été reconnu coupable l'année dernière dans une affaire de détournement de fonds - dénoncée comme une vendetta politique par les organisations de défense des droits de l'homme - qui lui a valu cinq ans de prison avec sursis.

«Campagne d'intimidation»

Yann Breault, spécialiste de la Russie rattaché à l'Université du Québec à Montréal, pense que le dissident fait clairement l'objet d'une «campagne d'intimidation» voulue par le Kremlin.

«Il n'y a pas d'indépendance judiciaire dans le pays [...]. Le pouvoir judiciaire a toujours été subordonné au pouvoir politique», relève l'analyste.

L'année dernière, Alexeï Navalny avait été autorisé contre toute attente à demeurer en liberté en attendant le dénouement de l'appel de sa condamnation, ce qui lui a permis de présenter sa candidature à la mairie de Moscou. Il a été battu par un apparatchik proche du régime après avoir obtenu un score plus élevé que prévu dans une campagne où il était exclu des grands médias.

Le régime, note M. Breault, a voulu tester sa propre «résilience» et mesurer du même coup l'influence de l'internet, où M. Navalny et ses dissidents étaient très actifs. Le résultat, selon l'analyste, a convaincu le Kremlin qu'il fallait multiplier les restrictions sur ce qui circule en ligne. L'intervention en Ukraine, où la situation demeure des plus tendues, a créé un climat lui permettant de «faire d'une pierre deux coups».

Rachel Denber, une analyste de Human Rights Watch qui a récemment séjourné en Russie, relève que les démarches pour faire taire Alexeï Navalny et ses partisans ne sont que la pointe de l'iceberg. Et que des efforts de répression tous azimuts sont aujourd'hui en cours dans le pays.

«On assiste à une prolifération de lois structurelles qui ont fondamentalement pour objectif de brider la liberté d'expression... Je ne sais pas par où commencer pour les décrire, tant il y en a», souligne-t-elle.

Une loi adoptée par la Douma permet notamment au ministère de la Justice d'obtenir la fermeture d'un site en 24 heures sans requérir l'autorisation d'un tribunal. La mesure vise tout particulièrement les médias qui appellent la population à participer à des rassemblements publics non autorisés.

À l'instar de M. Breault, Mme Denber estime que la «frénésie patriotique» liée au dossier ukrainien a donné au régime «un prétexte» pour s'attaquer, avec une détermination renouvelée, aux libertés civiques.

L'état des médias traditionnels, qui se contentent, à quelques exceptions près, de suivre la ligne du régime, témoigne de ce qui attend les médias en ligne.

«Il y a encore des journalistes et des militants qui utilisent l'internet, tout n'est pas bloqué encore. Mais leur situation est précaire», prévient Mme Bender.




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