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Bloquer ou non les courriels en soirée

Une entente syndicale-patronale dans le secteur de la... (Photo Bloomberg)

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Une entente syndicale-patronale dans le secteur de la consultation et du génie-conseil en France prévoit qu'aucun courriel n'est envoyé après 18 h.

Photo Bloomberg

Ces jours-ci, plusieurs médias s'étonnent - ou se moquent - de l'adoption d'une nouvelle loi française interdisant aux patrons d'envoyer des courriels à leurs employés après 18h. La réalité est un peu différente. Explications.

Tout a commencé par un article dans le Times de Londres suivi d'une chronique d'humeur dans un blogue du Guardian. Lucy Mangan y écrivait qu'une nouvelle mesure touchant «1 million de travailleurs» obligerait les employés à fermer leur téléphone cellulaire à 18h. Puis elle y allait d'une longue tirade, se désolant entre autres que «pendant que nous [les Anglais] appréhendons une autre longue soirée de travail, un quart de travail supplémentaire qui nous fera travailler toute la nuit, l'autre côté de la Manche, on sirote du sancerre en pensant à la seconde moitié de l'apéro, avant de rentrer à la maison pour profiter de cette merveilleuse conciliation travail-famille».

D'autres médias ont emboîté le pas et les réactions n'ont pas tardé dans les réseaux sociaux.

Certains ont crié au scandale: «Voyons donc, disaient-ils, c'est ridicule et contre-productif!» D'autres, comme la patronne de Twitter en France, Katie Jacobs Stanton, s'en est amusée, déclarant qu'elle ne faisait que suivre les règles: «Well, we are just following the rules, a-t-elle twitté le 11 avril dernier. No emails at 6pm and une coupette du champagne. C'est la vie!»

La chose a pris tellement d'ampleur que le 13 avril dernier, la nouvelle secrétaire d'État au numérique en France, Axelle Lemaire, a dû remettre les pendules à l'heure. Comment? En retwittant un texte de Buzzfeed intitulé: «Non la France n'a pas rendu illégal l'envoi de courriels professionnels après 18h!».

En fait, il ne s'agissait pas d'une loi mais bien d'une entente syndicale-patronale qui touche exclusivement le secteur de la consultation et du génie-conseil.

Cette entente affecte environ 250 000 travailleurs français et s'applique surtout à des postes de cadres qui ne sont pas soumis à la loi des 35 heures afin qu'ils ne travaillent pas plus de 13 heures par jour.

Une telle mesure serait-elle vraiment applicable?

Difficilement, mais certaines règles de conduite ont tout de même été adoptées dans le monde au cours des dernières années.

Au Brésil par exemple, le gouvernement a reconnu que le fait de répondre à des courriels professionnels après les heures de travail constituait des heures supplémentaires.

Chez Volkswagen, les serveurs de l'entreprise cessent d'envoyer des courriels une demi-heure après la fin du quart de travail des employés et reprennent une demi-heure avant le début de leur journée de travail.

Et si la frontière entre le travail et les loisirs était en train de disparaître?

C'est ce que suggère la journaliste britannique Lucy Kellaway. Il y a deux ans, elle a écrit dans le Financial Times que depuis l'arrivée des appareils mobiles dans nos vies - téléphone, ordinateur, tablette, etc. - il fallait concevoir le temps autrement. Elle proposait le mot «worliday» (contraction des mots «work» et «holiday», soit travail et vacances) pour décrire ces périodes où nous sommes en vacances tout en gardant un lien avec notre vie professionnelle. Un mot qui décrit plutôt bien les vacances de plusieurs cols blancs dans les pays industrialisés.

En chiffres

250 000

Nombre d'employés touchés par l'entente française

66,9 %

Proportion des propriétaires de téléphones mobiles québécois qui utilisent leur appareil pour lire ou envoyer des courriels.

Source: CEFRIO 2012




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