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L'exploitation et les mauvais traitements au coeur du Chemin de croix du pape

«La lourde croix du monde du travail» et... (Photo Max Rossi, Reuters)

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«La lourde croix du monde du travail» et «le poids de toutes les injustices qui ont provoqué la crise économique avec ses conséquences sociales» ont été dénoncés dès le début du chemin de croix par le pape François.

Photo Max Rossi, Reuters

Agence France-Presse
Rome

François a prié vendredi soir au Colisée pour les victimes d'exploitations économiques et de mauvais traitements quotidiens, au cours du traditionnel Chemin de croix d'avant Pâques, dont la teneur avait une tonalité très sociale et concrète.

C'est un évêque italien, Giancarlo Maria Bregantini, archevêque de Campobasso (sud), connu pour ses prises de position courageuses contre la mafia et grand défenseur des chômeurs et des travailleurs précaires, qui a été chargé par Jorge Mario Bergoglio de rédiger les méditations des quatorze stations.

«La lourde croix du monde du travail» et «le poids de toutes les injustices qui ont provoqué la crise économique avec ses conséquences sociales» ont été dénoncés dès le début du chemin de croix : «précarité, chômage, licenciements, l'argent qui gouverne au lieu de servir, la spéculation financière, les suicides des entrepreneurs, la corruption et l'usure, avec les entreprises qui abandonnent leur propre pays».

Dès la première station, la diffamation, bête noire du pape François, a été fustigée en rappelant le procès de Jésus et sa condamnation à mort : «les insinuations et préjugés se font culture raciste, d'exclusion et de marginalisation, avec les lettres anonymes et les horribles calomnies. Accusé, on atterrit en première page; blanchi, on figure en dernière!»

Comme l'année précédente, le pape était installé en hauteur sous un dais, au-dessus de la foule plongée dans l'obscurité et illuminée par des dizaines de milliers de bougies. Il semblait très grave, tandis que des groupes de deux se relayaient pour porter la croix autour de ce site où les chrétiens ont été martyrisés sous l'Empire romain. Jorge Bergoglio, âgé de 77 ans, ne devait pas porter lui-même la croix.

Le rejet des immigrés, les enfants soldats et les enfants subissant des sévices sexuels, la drogue, l'alcool, les mauvais traitements en prison, la violence contre les femmes, les malades isolés, les dépressions et les désespoirs, notamment après la mort d'un enfant, devaient faire l'objet de méditations pour rappeler que Jésus, selon la tradition chrétienne, s'est fait solidaire de toutes ces souffrances.

Retransmis par des télévisions dans le monde entier, ce chemin de croix, dans le Colisée aux arcades illuminées d'une lumière orange, était d'une tonalité très concrète, n'évoquant pas de crises ou de guerres en particulier.




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