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Émotion en Espagne dix ans après les attentats dans un train

Dix ans après la tragédie, les Espagnols revivaient... (Photo JAVIER SORIANO, AFP)

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Dix ans après la tragédie, les Espagnols revivaient cette journée avec émotion. Parmi eux, des centaines de victimes - les attentats ont fait près de 1900 blessés - ou témoins, souvent encore traumatisés.

Photo JAVIER SORIANO, AFP

Elodie CUZIN
Agence France-Presse
MADRID

Émue, recueillie, l'Espagne se souvenait mardi des attentats du 11 mars, dix ans après l'explosion de dix bombes dans quatre trains de banlieue à Madrid qui avaient fait 191 morts et projeté le pays dans un bain de sang, de douleur et d'incompréhension.

«Ma vie, comme celles de toutes les victimes du terrorisme, s'est arrêtée le jour de l'attentat», a témoigné, la voie brisée, Angeles Pedraza, présidente de l'Association des victimes du terrorisme (AVT), lors d'un hommage dans le parc du Retiro, non loin de la gare madrilène d'Atocha où se dirigeaient il y a dix ans les trains frappés, presque simultanément, en pleine heure de pointe.

«Depuis qu'à cette heure maudite, 7h39 du matin, la terreur m'a enlevé ma fille de la façon la plus cruelle qui soit, chaque jour le coup reçu est plus fort», a déclaré Angeles Pedraza lors de la cérémonie organisée dans le «Bois du souvenir», où des centaines de personnes s'étaient rassemblées près des 191 arbres plantés en mémoire des victimes.

«Chaque jour, chaque mois, chaque année se fait plus long à cause de son souvenir. Chaque année, la douleur, dont je sais qu'elle nous accompagnera pour le restant de nos vies, se fait plus profonde», a-t-elle ajouté.

Des voix anonymes ont ensuite prononcé chacun des 191 noms, une jeune fille ne pouvant contenir ses larmes, avant qu'autant de ballons blancs ne soient lâchés vers le ciel.

Dans la cathédrale de la Almudena, un millier de personnes, victimes de la tragédie, mais aussi secouristes, pompiers ou policiers, ont assisté à la messe d'hommage autour du roi Juan Carlos, de la reine Sofia et du chef du gouvernement, Mariano Rajoy.

Venant de la gare de Alcala de Henares, une banlieue à l'est de Madrid, les trains piégés avaient explosé le 11 mars 2004 dans les stations de Santa Eugenia, de El Pozo, un troisième à l'entrée de la gare d'Atocha et un autre dans la gare même, provoquant un choc immense dans tout le pays.

Dix ans plus tard, les Espagnols revivaient cette journée avec émotion. Parmi eux, des centaines de victimes - les attentats ont fait près de 1900 blessés - ou témoins, souvent encore traumatisés.

«Ma femme a entendu une explosion. J'ai ouvert la fenêtre et j'ai vu les gens qui marchaient, sur les voies. Ils marchaient comme des automates», se souvient Evaristo Ruiz, un homme de 47 ans qui vit dans le quartier de la rue Tellez, bordant les voies, où quelques bouquets de fleurs avaient été accrochés à la barrière surplombant les voies.

Menace terroriste «élevée»

Alors que le gouvernement conservateur de José Maria Aznar désignait l'ETA, l'attaque avait été revendiquée le soir même par un groupe de la mouvance Al-Qaïda.

L'obstination du gouvernement à accuser le groupe basque avait signé la défaite de José Maria Aznar, quelques jours plus tard, aux élections législatives, et porté au pouvoir le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero.

Alors habituée aux attentats de l'ETA, l'Espagne avait été profondément surprise par cette irruption du terrorisme islamiste sur son sol.

En dix ans, les opérations se sont multipliées pour démanteler les cellules islamistes. Le gouvernement continue néanmoins à s'inquiéter d'une menace terroriste qui reste à un niveau «élevé».

Trois semaines après les attentats, le 3 avril 2004, sept hommes considérés comme les principaux poseurs de bombes s'étaient suicidés, à l'explosif, dans un appartement de Leganes, dans la banlieue de Madrid, alors cerné par la police.

En 2007, un procès aboutira à la condamnation de 21 personnes, avec deux peines record de près de 43 000 ans de prison.

Un épilogue qui n'a pas effacé le traumatisme pour nombre de victimes.

«Je ne peux plus passer à pied entre deux voitures garées. J'ai peur qu'il y ait une bombe à l'intérieur», confiait Adeniria Moreira, une aide-soignante brésilienne de 48 ans, qui, alors enceinte de trois mois, a perdu son bébé des suites du choc.

Le regard caché derrière ses lunettes de soleil, elle était venue mardi déposer des fleurs au Bois du souvenir, pour marquer un jour «si douloureux».




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