Espagne: hommage aux victimes des attentats du 11 mars 2004

«Avec cet hommage, nous voulons adresser un message... (PHOTO GERARD JULIEN, AFP)

Agrandir

«Avec cet hommage, nous voulons adresser un message aux Espagnols et au monde entier : les victimes de la cruauté et de l'horreur terroriste doivent rester pour toujours dans notre mémoire», a déclaré le ministre de l'Intérieur, Jorge Fernandez Diaz, sur la scène du Teatro Real face aux victimes venues avec leurs proches.

PHOTO GERARD JULIEN, AFP

Agence France-Presse
Madrid

Leurs noms résonnant l'un après l'autre dans l'enceinte de l'opéra de Madrid, 365 victimes ont été décorées lundi lors d'une cérémonie empreinte de solennité marquant l'ouverture des commémorations des attentats du 11 mars 2004, qui avaient plongé la capitale espagnole dans un bain de sang.

«Avec cet hommage, nous voulons adresser un message aux Espagnols et au monde entier : les victimes de la cruauté et de l'horreur terroriste doivent rester pour toujours dans notre mémoire», a déclaré le ministre de l'Intérieur, Jorge Fernandez Diaz, sur la scène du Teatro Real face aux victimes venues avec leurs proches.

Il était 7 h 40 ce matin du 11 mars lorsque dix bombes explosèrent presque simultanément, en pleine heure de pointe, dans quatre trains bondés qui rejoignaient la gare madrilène d'Atocha, frappant l'Espagne lors de l'attentat le plus meurtrier jamais survenu dans ce pays.

Les 191 morts et près de 1900 blessés ce jour-là «représentent l'Espagne : des femmes et des hommes, des jeunes et des personnes âgées, des travailleurs et des chômeurs, des enfants et des retraités, des diplômés et des étudiants, des Espagnols de naissance et des étrangers de plus de 30 pays qui avaient vu en l'Espagne un nouveau foyer plein d'espoir», a ajouté le ministre.

«Tous ont souffert ce jour-là la plus grande des injustices et la pire violation des droits de l'être humain : perdre la vie», a-t-il lancé.

«Nous sommes nés une nouvelle fois ce jour-là, le 11 mars», témoignait auprès de l'AFP Andrei Stefan, un Roumain de 46 ans, après la cérémonie où il était venu accompagné de son épouse et de son fils.

Recevoir cet hommage «est très important pour nous : nous étions venus ici, en Espagne, chercher une autre vie et nous aurions pu trouver la mort», poursuivait cet immigré, blessé à l'époque lors de l'explosion du premier train touché.

«J'allais mieux, mais cela m'a remué», expliquait Jesus Olmos Guerrero, âgé de 58 ans et appuyé sur une canne, après l'hommage.

«Le 11 mars, ils m'ont tué et je suis né une nouvelle fois», poursuivait cet homme qui avait été plongé dans le coma pendant un mois après l'attentat et ne se souvient plus de ce jour. À ses côtés, son épouse, Angela Adalid, âgée de 54 ans, ajoutait que la cérémonie «avait été très difficile. Cela rappelle des moments très durs.»

«Risque probable» d'attentat

Dix ans après les attentats, il existe aujourd'hui un «risque probable» d'attentat dans le pays, a déclaré lundi le ministre de l'Intérieur, Jorge Fernandez Diaz, à la veille de la journée d'hommages aux 191 personnes tuées dans ces attaques.

Le Centre national de coordination antiterroriste «qualifie d'élevée la menace d'un attentat islamiste en Espagne», a souligné le ministre sur la radio Onda Cero.

Il a indiqué que le degré d'alerte se situait actuellement au niveau 2, ce qui signifie un «risque probable» d'attentat terroriste, que ce niveau «n'a pas été modifié depuis plusieurs années» et qu'il «est le même que dans l'immense majorité des pays voisins».

Le 11 mars 2004, alors que le gouvernement conservateur de José Maria Aznar désignait le groupe séparatiste basque ETA, l'attentat avait été revendiqué le jour même par un groupe de la mouvance Al-Qaïda. L'obstination du gouvernement à accuser l'ETA avait signé la défaite, quelques jours plus tard, de José Maria Aznar aux élections législatives, face au socialiste José Luis Rodriguez Zapatero.

«Il y a eu un moment où tout le monde a pensé à l'ETA parce que c'était le terrorisme dont nous souffrions depuis très longtemps en Espagne», a déclaré M. Fernandez Diaz. «Le terrorisme djihadiste était pour nous assez éloigné, même si évidemment c'était à tort», a-t-il ajouté.

«Le processus judiciaire, la connaissance des faits (...) ont fait que l'on a pu éclaircir ce qui s'est passé. Honnêtement, il faut dire qu'aucun lien n'a pu être prouvé entre l'ETA et ceux qui ont été les auteurs matériels des faits», a-t-il ajouté, rappelant que les hommes considérés comme les principaux auteurs des attentats étaient morts le 3 avril 2004 à Leganes, dans la banlieue de Madrid.

Ce jour-là, sept personnes s'étaient donné la mort avec des explosifs dans l'appartement où ils se trouvaient à Leganes, encerclé par la police.




la boite: 1600127:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer