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France: 27 Roms jugés pour un réseau d'enfants cambrioleurs

Un Rom pousse un chariot contenant ses effets... (PHOTO MICHEL SPINGLER, AP)

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Un Rom pousse un chariot contenant ses effets personnels alors qu'il est expulsé par les autorités du camp installé par sa communauté à Roubaix, dans le nord de la France, le 27 septembre.

PHOTO MICHEL SPINGLER, AP

Paul AUBRIAT
Agence France-Presse
Nancy, France

En pleine polémique sur la place des Roms dans la société française, 27 Roms de Croatie sont jugés depuis lundi à Nancy (est de la France) pour avoir contraint leurs enfants à commettre des cambriolages en France, en Belgique et en Allemagne.

Enfants enrôlés pour cambrioler, épouses répudiées si elles ne rapportaient pas assez : les enquêteurs ont décrit à la barre un système clanique très lucratif.

«Les cambriolages étaient quotidiens, dans toute l'Europe. L'activité ne s'arrête jamais : pour les enfants, c'est comme un service militaire hors norme», a déclaré le directeur de l'enquête, l'adjudant-chef de gendarmerie, Gilles Weintz.

Les prévenus, âgés de 19 à 55 ans, sont jugés pour association de malfaiteurs et complicité dans une centaine de vols, commis en 2011 par leurs enfants en France, en Allemagne, et en Belgique pour un préjudice de plusieurs millions d'euros. Ils encourent dix ans d'emprisonnement.

L'enquête fondée sur des milliers d'écoutes interceptées chez 120 suspects a mis au jour une organisation dirigée par des chefs de clan, aidés de «capitaines», «lieutenants» et enfin de leurs enfants, âgés d'une dizaine d'années, se livrant à des cambriolages.

Selon l'accusation, le «rendement» mensuel de chaque enfant pouvait atteindre 5000 euros (6970 $).

«Certains faits nous ont particulièrement choqués, comme ce père qui demande par téléphone à sa fille de 12 ans de s'introduire dans l'anus une montre volée d'une valeur de 80 000 euros (près de 112 000 $), car il sait que la police ne va pas procéder à des fouilles corporelles sur les mineurs», a raconté le gendarme.

L'enquêteur a par ailleurs soutenu que le réseau se livrait à la traite d'êtres humains, délit pour lequel plusieurs prévenus sont poursuivis, dans le cadre «d'achats» d'épouses, parfois pour 180 000 euros (plus de 250 000 $) la personne.

«Plus elle est bonne voleuse, plus le prix augmente. Plus elle a l'air jeune, et pourra donc se faire passer pour une mineure, plus le prix est élevé», a résumé M. Weintz, qui a évoqué des formes de répudiation d'épouses, si celles-ci avaient un «rendement» insuffisant.

Les personnes mises en cause, qui s'expriment en croate ou en italien aidés d'interprètes, contestent globalement les faits. Leurs avocats évoquent le versement de traditionnelles dots de mariage, en reprochant aux enquêteurs un travail fondé sur des écoutes aux termes codés.

Risque de stigmatisation

Qualifié d'«affaire emblématique» par le parquet, ce procès-fleuve s'ouvre quelques jours seulement après des propos controversés du ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls, qui a mis en doute la volonté et la capacité d'intégration d'une majorité de Roms et défendu leur expulsion.

«J'espère qu'il n'y aura pas de stigmatisation judiciaire comme il y a actuellement une stigmatisation politique», à l'encontre des Roms, a commenté Me Alain Behr, avocat d'un homme présenté comme un chef de clan.

Les trois familles étaient chacune dirigées par un couple de commanditaires pendant que des intermédiaires transportaient les enfants sur les lieux des cambriolages.

Deux receleurs, qui revendaient les bijoux dérobés à des sociétés commerciales, ont été identifiés par les enquêteurs, l'un en France, l'autre en Allemagne.

Les suspects entretenaient un train de vie luxueux, notamment en Croatie, à Slavonski-Brod, où une perquisition a permis de découvrir des demeures «de grand standing, parfois tout en marbre», selon le parquet.

La poursuite de l'enquête dans les Balkans a par ailleurs permis d'identifier la chef de réseau présumée, une femme, âgée de 66 ans, à la tête des trois familles, qui s'occupait notamment de la logistique.

Elle a été interpellée au lendemain de l'entrée de la Croatie dans l'Union européenne, le 2 juillet, grâce à un mandat d'arrêt européen. Placée en détention provisoire en France, elle sera jugée ultérieurement.




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