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Fermeture des antennes en Grèce: le gouvernement peine à sortir de l'impasse

Des manifestants sont dans la rue depuis la... (PHOTO LOUISA GOULIAMAKI, AFP)

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Des manifestants sont dans la rue depuis la fermeture de la ERT.

PHOTO LOUISA GOULIAMAKI, AFP

Hélène COLLIOPOULOU
Agence France-Presse
ATHÈNES

Le premier ministre conservateur grec Antonis Samaras était à la recherche mercredi d'une sortie pour tenter de désamorcer la crise de la radiotélévision publique qu'il a lui-même suscitée la semaine dernière, en contournant ses partenaires au sein de la coalition gouvernementale pour imposer la fermeture unilatérale des antennes.

Une réunion est prévue mercredi soir, dont l'heure à la mi-journée n'était pas encore fixée, entre M. Samaras et les deux autres dirigeants des partis gouvernementaux, Evangélos Vénizélos des socialistes Pasok et Fotis Kouvélis de la Gauche démocratique Dimar, qui demandent la réouverture de l'ERT après une décision dans ce sens du Conseil d'État.

Le Conseil d'État, saisi par le syndicat des 2700 employés de l'ERT menacés de licenciement, a ordonné «un sursis» à la fermeture de l'ERT - décidé seulement par M. Samaras sans l'accord de deux autres partis - et demande une solution provisoire de relance des antennes.

Mais M. Samaras refuse de rétablir l'ERT telle qu'elle existait jusque-là, affirmant que l'organisme coûte trop cher. Il propose d'indemniser les salariés et de créer une nouvelle radiotélévision publique avec un personnel réduit.

«Les dirigeants [des partis gouvernementaux] perdus dans l'interprétation» de la décision du Conseil d'État, titrait mercredi en une Ta Néa (centre-gauche), le plus gros tirage du pays, soulignant les divergences au sein de la coalition sur la façon d'appliquer le jugement de la haute juridiction administrative du pays.

Le quotidien libéral Kathimerini évoquait un «dernier effort pour sortir de l'impasse» tandis que le journal de centre-gauche Ethnos estimait que les alliés de la coalition «jouaient avec le feu» dans la mesure où cette crise, si elle n'était pas résolue, pourrait précipiter la convocation d'élections, pour la troisième fois en un an.

«Aucune personne saine d'esprit ne pourrait préconiser des élections au moment où le pays lutte encore pour sa survie», a estimé Ethnos.

Le signal de l'ERT n'était toujours pas rétabli et les écrans restaient noirs mercredi, huit jours après leur fermeture brutale, tandis que les journalistes de la radio-télévision occupaient toujours le siège dans la banlieue nord d'Athènes, et diffusaient un programme d'information retransmis par des sites web et l'Union européenne de radiotélévision (UER).

Lundi soir, lors d'une première réunion des dirigeants de la coalition, le premier ministre a proposé une reprise temporaire des programmes, avec une sorte de grille minimum de programmes réalisés par une trentaine de journalistes, ce qui devrait être débattu lors de la nouvelle réunion de la coalition, ce mercredi.

La Grèce doit, pour satisfaire aux exigences de ses bailleurs de fonds, Union européenne (UE) et Fonds monétaire international (FMI), mener à bien de vastes réformes visant à assainir son économie, dans le cadre d'un plan d'aide massif de 240 milliards d'euros (+/- 329 milliards de dollars).

La suppression de quelque 4000 postes de fonctionnaires d'ici la fin de l'année, dont 2000 d'ici la fin juin, est l'une des mesures qu'Athènes s'est engagé à mettre en oeuvre.

La fermeture de la ERT, du jamais vu dans l'histoire de l'UER, a provoqué de nombreuses réactions tant à l'étranger qu'en Grèce.

Outre les manifestations devant le siège de la ERT, l'incident a mis au grand jour les désaccords idéologiques de la coalition gouvernementale, entre la droite de M. Samaras d'une part et du Pasok et Dimar d'autre part, formée dans la douleur il y a un an sur fond d'une crise économique et politique grave à l'époque.

«La société grecque n'était pas prête à tolérer ce choc important [de la fermeture de la ERT], qui révèle les malentendus cumulés au sein de la coalition comme par exemple le débat récent sur le projet de loi antiraciste, qui finalement n'a pas avancé», a indiqué à l'AFP le juriste Nikos Georgarakis, chercheur au Centre de recherches grecques (EKKE ).

Un projet de loi antiraciste, élaboré par le Dimar il y a un mois et visant à freiner les attaques racistes et la montée du parti néo-nazi grec Aube dorée, a provoqué une polémique. La droite de M. Samaras n'avait pas voulu l'approuver, ce qui a entraîné son renvoi aux calendes grecques.




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