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Mairie de Paris: la primaire historique de l'UMP tourne au fiasco

Quatre candidats à l'investiture de l'UMP pour l'élection... (PHOTO JACQUES DEMARTHON, AFP)

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Quatre candidats à l'investiture de l'UMP pour l'élection parisienne, de gauche à droite: (2e à partir de la gauche) Franck Margain, Jean-Franois Legaret, Pierre-Yves Bournazel et Nathalie Kosciusko-Morizet

PHOTO JACQUES DEMARTHON, AFP

Samir TOUNSI
Agence France-Presse
Paris

Divisée, orpheline de Nicolas Sarkozy, taclée par l'extrême droite, l'opposition de droite française a lancé vendredi la première primaire de son histoire, mais le scrutin pour choisir un candidat à la mairie de Paris en 2014 a d'emblée été entaché de soupçons d'irrégularités.

«Des centaines de Parisiens viennent de le constater en quelques heures, soit parce qu'ils n'ont pu s'inscrire pour voter, soit (...) parce qu'il a été possible d'inscrire plusieurs électeurs sans leur consentement», a dénoncé en fin d'après-midi l'un des quatre candidats en lice pour porter à Paris les couleurs de l'UMP (Union pour un mouvement populaire), Pierre-Yves Bournazel.

Dénonçant un «système incontestablement défaillant», il a réclamé la suspension du vote par Internet qui doit s'achever lundi.

L'autorité de supervision se réunira samedi à 10 h pour examiner la situation, mais a refusé de suspendre le scrutin.

«Le fonctionnement est plutôt satisfaisant. Les gens votent, les choses se passent de manière naturelle, à part le "buzz" que certains essaient de provoquer», a affirmé son président Antoine Rufenacht.

Quant au président de l'UMP Jean-François Copé, il a appelé à la «modération» et au «sang-froid».

Plus d'un an après la défaite de Nicolas Sarkozy face au socialiste François Hollande, l'UMP reste à la peine pour asseoir sa crédibilité. Le parti se cherche toujours un leader et une ligne politique, se révélant incapable de tirer profit de l'impopularité de l'équipe au pouvoir, confrontée à un taux de chômage record.

Outre Pierre-Yves Bournazel (35 ans), conseiller de Paris, les électeurs parisiens, adhérents ou non à l'UMP, ont le choix entre l'ex-ministre Nathalie Kosciusko-Morizet (40 ans), initialement favorite, le maire d'arrondissement Jean-François Legaret (60 ans) et l'élu régional Franck Margain (51 ans).

Climat délétère

La campagne électorale s'est déroulée dans un climat délétère. Le mouvement d'extrême droite Bloc identitaire et les durs de l'UMP ont appelé à voter contre Nathalie Kosciusko-Morizet, parce qu'elle s'est abstenue sur le mariage homosexuel plutôt que de voter contre.

Jeudi soir, Mme Kosciusko-Morizet - alias NKM - s'était alarmée des risques de fraude lors du scrutin. «De nombreuses personnes inscrites sur le site des primaires rencontrent un important et récurrent problème technique de compatibilité de leur ordinateur pour le vote», a-t-elle dit.

Le niveau du débat a parfois frôlé l'insulte quand M. Bournazel a accusé NKM de mentir et de faire campagne hors délai.

La primaire inédite organisée à Paris demeure marquée par le calamiteux scrutin militant de fin 2012 visant à choisir un nouveau président au parti. Cette élection avait donné lieu à une lutte fratricide entre l'ex-premier ministre François Fillon et le député Jean-François Copé, qui avait failli provoquer l'éclatement de l'UMP.

Au-delà des municipales, l'enjeu principal pour la droite reste la prochaine présidentielle de 2017.

Nicolas Sarkozy, 58 ans, continue de maintenir le suspense sur ses intentions de retour. Dans l'immédiat, son nom est davantage cité à propos d'affaires judiciaires. Il a été inculpé pour abus de faiblesse sur la milliardaire Liliane Bettencourt, 90 ans, qu'il aurait sollicitée pour financer sa campagne en 2007.

François Fillon, 59 ans, a annoncé qu'il serait candidat, lors d'une primaire prévue en 2016, «quoi qu'il arrive». Face à lui, Jean-François Copé, 49 ans, s'annonce en rival principal.

L'UMP, créée en 2002 pour réunir toutes les familles des droites françaises (centristes pro-européens, libéraux, gaullistes favorables à l'État...), doit par ailleurs clarifier sa stratégie, notamment à l'égard de l'extrême droite.

Pour les municipales de 2014, le parti a exclu toute alliance électorale avec le Front national. Cela n'a pas empêché un militant UMP du nord de la France d'enfreindre la consigne, ce qui lui a valu une suspension. Des élus UMP ont de leur côté provoqué le trouble en défilant récemment aux côtés de responsables de l'extrême droite contre la loi autorisant le mariage homosexuel.




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