Scotland Yard a procédé lundi à une dixième arrestation dans l'enquête sur le meurtre d'un militaire britannique à Londres, tandis qu'un millier de partisans de l'extrême droite ont manifesté devant Downing Street pour dénoncer ce crime revendiqué par un islamiste.

Un homme de 50 ans a été interpellé pour «complicité de meurtre», a indiqué la police dans un communiqué, précisant procéder à une perquisition dans un quartier du sud-est de Londres où l'arrestation a eu lieu. La police n'a pas précisé l'identité de la personne interpellée.

Il s'agit de la dixième arrestation dans l'enquête du soldat poignardé à coups de couteau et de hachoir en pleine rue: six personnes ont été relâchées; deux sont en garde à vue pour complicité de meurtre; et les deux principaux suspects, Michael Adebolajo et Michael Adebowale, qui ont été blessés sur les lieux du crime par la police, sont toujours hospitalisés, selon Scotland Yard.

Leur «état de santé est stable» et ils «seront interrogés quand cela sera possible», a indiqué la police, qui ne précise pas la gravité de leurs blessures.

Ce drame a fait craindre une hausse des tensions communautaires au Royaume-Uni, Michael Adebolajo ayant revendiqué le meurtre en expliquant, dans une vidéo, avoir agi en représailles du fait que «des musulmans sont tués quotidiennement par des soldats britanniques».

En réaction à ce crime, un millier de partisans de l'organisation d'extrême droite EDL (Ligue de défense anglaise) ont manifesté lundi devant les bureaux du Premier ministre, ont constaté des journalistes de l'AFP.

«Les meurtriers musulmans hors de nos rues», ont scandé les manifestants. «Ils ont eu leur Printemps arabe. Le temps est venu d'avoir le Printemps anglais», a déclaré le chef de l'EDL, Tommy Robinson. Il a également reproché au Premier ministre David Cameron d'être parti en vacances «parce qu'il n'en a rien à faire». M. Cameron, qui passe une semaine à Ibiza avec sa famille, s'était joint la semaine dernière à l'appel au calme lancé par des responsables des communautés chrétienne et musulmane, affirmant que l'extrémisme serait «vaincu, en restant uni».

En fin d'après-midi, des partisans de l'EDL et des contre-manifestants se sont affrontés à coups de bouteilles de verre, obligeant des policiers à intervenir et à procéder à 13 arrestations.

De son côté, une organisation qui combat l'extrémisme religieux, Faith Matters, a affirmé avoir constaté, depuis le meurtre du militaire, une recrudescence des incidents visant les musulmans.

Dimanche soir, un incendie a éclaté dans un centre culturel musulman à Grimsby (est de l'Angleterre), sans faire de blessés selon la police qui a arrêté deux personnes. Des cocktails Molotov ont été jetés sur l'établissement, a affirmé le président de la mosquée, Diler Gharib. Des fenêtres de la mosquée avaient déjà été endommagées jeudi et 11 personnes arrêtées, selon la police. Aucun lien n'a été établi dans l'immédiat entre le meurtre du soldat et ces incidents.

L'enquête sur le militaire tué, qui mobilise quelque 500 personnes, «se concentre sur la sécurité du public et l'identification d'autres personnes qui pourraient être impliquées» dans le meurtre, a déclaré le patron du contre-terrorisme à Scotland Yard, Stuart Osborne.

La police étudie notamment des images de vidéosurveillance et a de nouveau appelé toute personne ayant filmé ou pris des photos du drame de les leur remettre.

Par ailleurs, un homme qui s'est présenté comme un ami de Michael Adebolajo et a affirmé que les services secrets britanniques connaissaient le suspect principal était toujours interrogé lundi par la police. Ce témoin, Abou Nusaybah, est soupçonné d'avoir «ordonné ou préparé (...) des actes terroristes», mais selon une source proche de l'enquête, son arrestation, qui a eu lieu vendredi soir, n'est pas directement liée au meurtre du soldat.