Quatre jours avant un premier mariage annoncé d'homosexuels, rendu possible en France par le vote d'une loi il y a un mois, les opposants à cette évolution sociétale seront à nouveau dimanche dans les rues de Paris pour une manifestation qui s'annonce massive.

Marion Thibaut AGENCE FRANCE-PRESSE

Promis par François Hollande lors de sa campagne présidentielle, défendu par l'ensemble de la gauche, le «mariage pour tous» a suscité une forte opposition en France, en particulier à droite et dans les milieux catholiques, vent debout contre une loi qui autorise aussi l'adoption aux couples de même sexe.

Annonçant une mobilisation «massive», les anti-mariage gai, rassemblés au sein d'un collectif «la Manif pour tous», ont prévu comme lors de leur premier grand défilé national le 13 janvier, trois cortèges qui convergeront tous à partir de 8h (HE) vers l'esplanade des Invalides au coeur de Paris.

Un rassemblement distinct se tiendra au même moment dans le quartier de l'Opéra, à l'appel de l'Institut Civitas, proche des catholiques intégristes.

«Dimanche, nous montrerons que notre mouvement est un mouvement durable», a affirmé Frigide Barjot, porte-parole du collectif «La Manif pour tous».

Jeudi, elle a toutefois indiqué qu'elle «hésitait à aller manifester» à cause du climat de violence et des «menaces» qui pèsent sur elle. Le ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls, a aussitôt assuré qu'elle serait «évidemment protégée», en se disant «très inquiet» face aux intimidations contre des personnalités favorables ou opposées au mariage gai.

Dans les récentes manifestations, «il y a là des individus très dangereux, très déterminés», a-t-il insisté.

Pour Frigide Barjot, les exigences des manifestants sont simples: «La loi doit être retirée, elle ne peut pas rester en l'état, car elle change la filiation humaine. On ne peut pas prétendre qu'un enfant ne vient pas d'un homme et d'une femme».

Gros moyens mobilisés

Pour ce dernier défilé avant la célébration du premier mariage homosexuel, prévu mercredi à Montpellier dans le sud de la France, les organisateurs n'ont pas lésiné sur les moyens.

Des trains spéciaux seront affrétés depuis les régions françaises, ainsi que plusieurs centaines de bus. Deux millions de tracts ont été imprimés et distribués partout en France et de larges banderoles déployées sur les ponts, principalement au-dessus des grands axes routiers.

Fin mars, «La Manif pour tous» avait estimé que 1,4 million de personnes avaient manifesté dans les rues de Paris tandis que la police évoquait 300 000 participants.

Comme lors des dernières grandes manifestations, le principal parti de l'opposition de droite, l'UMP, a appelé ses militants à descendre dans la rue. «Ce qui est très important, c'est qu'on comprenne qu'en manifestant, on vient aussi dire une différence sur les valeurs», a déclaré son président Jean-François Copé, qui a confirmé sa présence au défilé.

Le parti d'extrême droite Front national aura également une délégation, comprenant notamment la jeune députée Marion Maréchal-Le Pen.

Pour éviter les débordements, comme ceux qui avaient eu lieu en marge des dernières manifestations et notamment celle du 24 mars, Frigide Barjot a demandé au gouvernement socialiste des effectifs de police renforcés pour exfiltrer, a-t-elle dit, «les fauteurs de troubles».

Le collectif a embauché quatre sociétés de sécurité extérieures en plus de son service d'ordre, constitué de bénévoles.