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Homosexualité: le torchon brûle entre le président et les universités tchèques

Le président tchèque Milos Zeman... (PHOTO ALEXANDER KLEIN, AFP)

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Le président tchèque Milos Zeman

PHOTO ALEXANDER KLEIN, AFP

Jan Marchal
Agence France-Presse
Prague

Le président tchèque Milos Zeman affronte la colère des universités de son pays parce qu'il vient de refuser d'élever au rang de professeur un intellectuel non conformiste, Martin C. Putna, en raison de son soutien à un défilé d'homosexuels à Prague.

Pour le Conseil des Écoles supérieures, cette décision du président tchèque constitue une «intervention sans précédent» dans les libertés académiques et l'autonomie des écoles supérieures.

M. Putna, 46 ans, historien littéraire et auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l'Église catholique dont «Christianisme et homosexualité: tentatives d'intégration», avait vertement critiqué M. Zeman avant son élection à la magistrature suprême en janvier.

Vendredi, le chef de l'État a refusé sans aucune explication la demande de la prestigieuse Université Charles de Prague d'entériner son professorat.

Face à la colère des milieux universitaires, de nombreux médias et d'une grande partie de la classe politique, M. Zeman a expliqué lundi son attitude par le fait que M. Putna avait brandi en 2011 lors d'un défilé d'homosexuels et lesbiennes une pancarte ironisant sur un opposant à cette manifestation, avec un mot vulgaire désignant les homosexuels.

«Je respecte pleinement le droit à l'orientation sexuelle. Mais le droit à l'orientation sexuelle est une chose et marcher dans Prague avec cette pancarte (...) en est une autre», a affirmé M. Zeman, 68 ans, cité mardi par le quotidien Pravo.

M. Putna figure parmi les 65 personnalités qui doivent recevoir des mains du président leur titre de professeur le 11 juin, dans le bâtiment historique de l'Université Charles, la plus ancienne université d'Europe centrale fondée en 1348 par le roi de Bohême et empereur germanique Charles IV.

La presse rappelle que le rôle du chef de l'État dans la signature des décrets des nouveaux professeurs est purement cérémoniel, estimant qu'il constitue un «héritage de la monarchie austro-hongroise» disparue en 1918.

«Si le président ne signe pas la nomination (de M. Putna), il s'agira du premier cas dans l'histoire et il faudra chercher une solution», a déclaré le porte-parole du ministère de l'Éducation, Marek Zeman.

Le recteur de l'Université Charles, Vaclav Hampl, doit s'entretenir mercredi avec le président sur cette affaire, alors qu'une manifestation contre la décision du chef de l'État est prévue jeudi devant le Château de Prague, siège officiel de la présidence, à l'appel d'une initiative estudiantine.

Dans le même temps, les étudiants ont invité les 64 autres candidats au professorat à ne pas accepter leur nomination en signe de solidarité avec M. Putna.

Cette affaire intervient deux semaines après la publication de spéculations selon lesquelles M. Zeman avait participé en état d'ébriété à une cérémonie au Château de Prague précédant l'exposition des joyaux de la couronne de Bohême. Avant cette cérémonie, M. Zeman avait participé à une réception à l'ambassade de Russie.

La présidence a officiellement démenti ces spéculations, attribuant le pas titubant et le regard vitreux du président à une «virose», dont la définition médicale est une maladie due à un virus.

Depuis M. Zeman est devenu la cible de nombreuses plaisanteries et le mot «virose» est entré comme nouveau synonyme du mot «cuite» dans le langage populaire des Tchèques.




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