Plus de 750 policiers et gendarmes ont été déployés vendredi à titre préventif devant les 59 lycées (écoles secondaires) du département du Bas-Rhin, dans l'est de la France, après qu'un adolescent eut menacé sur l'internet de commettre une fusillade.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Homicide ou canular, nous restons très attentifs et prenons toutes les précautions», a résumé lors d'une conférence de presse le procureur de Strasbourg, Michel Senthille.

Cette mobilisation exceptionnelle fait suite à un long message anonyme, intitulé «Tout s'arrête bientôt», et posté mardi soir sur un forum internet.

«J'habite dans une certaine ville, où se trouve un certain lycée, et vendredi, je laisse ma trace dans l'histoire», a écrit l'inconnu, ajoutant: «La vie de beaucoup de gens, dont la mienne, finira ce jour-là», selon le fac-similé du message publié sur le site de Rue89 Strasbourg.

«Mon oncle a un fusil de chasse, j'en ai profité pour lui "emprunter" son semi-automatique. Je sais comment l'utiliser, et je l'utiliserai croyez-moi», ajoute l'anonyme.

Les enquêteurs ont diffusé une photo du jeune suspect. Le cliché, extrait des images de vidéosurveillance du cybercafé où il a écrit ses menaces, montre un adolescent vêtu d'une capuche de couleur foncée. Ce cybercafé est situé à Strasbourg, ce qui a conduit la police à concentrer les recherches dans cette ville et dans le département.

S'il s'agit d'un canular, il est «de très mauvais goût», a commenté le procureur. Dans ce cas son auteur encourrait une peine de deux ans de prison et 30 000 euros (près de 40 000 $) d'amende.

Le message, dans lequel le jeune homme dit en avoir «marre» de la vie et n'avoir «plus d'amis depuis le collège», a été repéré par un adolescent de région parisienne. Il en a parlé à sa mère, qui a prévenu la police.

L'enquête a ensuite permis de remonter jusqu'à un cybercafé de Strasbourg. Le jeune internaute a pris soin, pour écrire son message, d'utiliser un logiciel de brouillage. «Indubitablement il y a une réflexion», a commenté à ce propos le procureur.

Interrogé sur le profil psychologique du jeune homme, le magistrat s'est contenté d'observer, «sans en tirer de conclusion», qu'«il n'y a qu'une faute d'orthographe dans le message, sinon il est écrit dans un français parfait».