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Un an de désillusion pour François Hollande

François Hollande... (Photo Reuters)

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François Hollande

Photo Reuters

Fabrice RANDOUX
Agence France-Presse
Paris, France

En panne de résultats face à la crise, François Hollande achève la première année de son quinquennat avec une impopularité record et sans perspective brillante mais se montre stoïque face aux critiques de son camp appelant à un changement de politique économique.

Premier président de gauche depuis François Mitterrand (1981-95), le socialiste, élu d'une courte tête face à Nicolas Sarkozy le 6 mai 2012, se trouve un an après à la tête d'un pays au bord de la récession.

Le taux de chômage, à 11% en mars, ne finit pas de grimper et l'objectif de l'inversion de la courbe d'ici fin 2013 semble inatteignable. La croissance quasi-nulle a aussi amené à reporter l'objectif de réduire le déficit à 3% du PIB dès 2013 en dépit d'une politique de «sérieux budgétaire».

Avec près de trois quart des Français se déclarant «mécontents», François Hollande est devenu le président le plus impopulaire au terme d'un an de mandat.

«C'est très clairement la situation économique et sociale qui pèse sur sa popularité. Les Français jugent qu'il n'y a pas eu de changement», constate Frédéric Dabi, de l'institut Ifop.

Après avoir longtemps invoqué la «crise exceptionnelle» en Europe et l'héritage «lourd» laissé par la droite, le socialiste admet aujourd'hui que les Français «jugent le président, pas le précédent». Et celui qui voulait incarner «une présidence normale», critiquant l'activisme tous azimuts de Nicolas Sarkozy, a dû se résoudre à monter en première ligne devant le manque d'autorité du Premier ministre Jean-Marc Ayrault sur son gouvernement.

Certes, François Hollande revendique la mise en route de la plupart de ses engagements mais les économistes n'attendent que peu d'effet à court terme de ses remèdes : assouplissement du marché du travail, crédit d'impôt pour les entreprises, emplois d'avenir pour les jeunes non qualifiés...

Quant au redressement industriel, les salariés d'ArcelorMittal l'ont salué à leur manière en posant fin avril une stèle en mémoire de «la trahison» de François Hollande après l'extinction des haut-fourneaux de Florange (est).

La gestion des négociations en décembre avec le groupe Mittal restera, selon un ministre, comme l'emblème «des lacunes de ce gouvernement», aux «lignes divergentes qui coexistent» et «en déficit de communication» : un François Hollande silencieux a laissé le volontariste ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg faire croire aux ouvriers dans la possibilité d'une nationalisation du site avant de le désavouer par le Premier ministre.

«Monsieur Faible»

Même fiasco pour la mesure phare de la campagne, la taxe à 75% au-delà du million d'euros de revenus, censurée par le Conseil constitutionnel.

Du coup François Hollande donne l'impression d'avancer sans cap précis et sans autorité, perdant sur tous les tableaux.

À l'étranger, on retient l'image d'un «socialiste à l'ancienne» taxant les riches, matérialisée par l'exil de l'acteur Gérard Depardieu en Belgique, alors qu'en France les communistes et une partie croissante de la majorité parlementaire socialiste-écologiste s'étranglent lorsque le gouvernement fait voter une hausse de la TVA ou un assouplissement des règles de licenciement.

La presse dépeint un «Monsieur Faible», nonobstant l'intervention au Mali décidée début janvier en quelques heures ou son bras de fer avec les députés sur la publication de leur patrimoine après le scandale du compte caché à l'étranger de l'ex-ministre du budget Jérôme Cahuzac.

Même le vote le 23 avril de sa grande réforme sociétale, ouvrant le droit au mariage aux homosexuels, gardera un goût amer après des mois de débats houleux et de manifestations violentes dans la rue qui auront permis à une droite désunie après le départ de Nicolas Sarkozy de se refaire une santé.

Et, à l'exception de Tombouctou qui a lui réservé en février un bain de foule triomphal, la déception a dépassé les frontières.

Les pays du sud de l'Europe, qui avaient placé des «espoirs peut-être exagérés» dans l'élection de François Hollande et son discours sur la croissance ont vite réalisé que «c'est toujours l'Allemagne qui détermine les priorités», selon Loukas Tsoukalis, directeur du centre d'analyses Eliamep à Athènes.

L'aggravation de la crise en Italie et en Espagne pourrait cependant redonner de l'écho à son discours, sans aller jusqu'à la «confrontation» avec Angela Merkel comme lui demandent certains de ses amis.

S'il ne fêtera pas ce premier anniversaire, François Hollande reste pourtant, selon tous ses interlocuteurs, étonnamment décontracté et serein. «Je me suis fixé une ligne de conduite: ne jamais se laisser impressionner, suivre son chemin», dit-il, comme un vademecum pour les quatre années à venir.




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