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Marc Ouellet et cinq autres papabili

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Le cardinal Marc Ouellet (à gauche) parle toutes les semaines au pape Benoît XVI (à droite).

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Succession de Benoît XVI

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Succession de Benoît XVI

Le pape Benoît XVI a créé la surprise en annonçant qu'il renonçait à ses fonctions, officiellement pour des raisons de santé. Qui lui succédera à la tête de l'Église catholique et de son milliard de fidèles? Aurons-nous un pape québécois en la personne du cardinal Marc Ouellet? Les cardinaux se réuniront en conclave avant la mi-mars pour désigner un successeur. »

Un pape québécois. L'idée était saugrenue au conclave de 2005. Depuis deux ans, elle l'est beaucoup moins.

«À Rome, Marc Ouellet est vu comme un homme modéré, qui peut faire le pont entre l'Église et le monde moderne, comme Benoît XVI», explique Paolo Rodari, vaticaniste au quotidien italien Il Foglio. «Ça peut vous paraître bizarre, au Québec. Mais dans l'Église italienne et au Vatican, il y a des gens beaucoup plus extrêmes dans leur refus de composer avec les changements que le monde moderne a vécus.»

Les points forts de Marc Ouellet pour le conclave qui s'ouvrira peu avant la mi-mars sont nombreux. D'abord, il connaît bien l'Amérique latine: il a travaillé pendant près de 20 ans dans des séminaires colombiens et il a visité les séminaires d'autres pays du continent à titre de sulpicien. Il a aussi des liens avec l'Église de l'Amérique du Nord anglophone - la plus dynamique d'Occident à l'extérieur de l'Italie -, puisqu'il a été recteur du séminaire d'Edmonton. Son successeur à Québec, Gérald Cyprien Lacroix, est d'ailleurs d'origine franco-américaine. Enfin, il est dans la même veine théologique que Benoît XVI - ce sont des disciples d'Urs von Balthazar et de sa revue Communio, qui a grandement contribué à contrer la thèse que le concile Vatican II était une rupture avec le passé.

«Mgr Ouellet est timide quand on le voit dans les médias, mais quand il est dans son élément, il s'anime et devient affable», explique Gilles Routhier, recteur de la faculté de théologie de l'Université Laval et lui aussi sulpicien. «Dans ses messes, il n'y avait pas de longueurs. C'est certainement ainsi que ses collègues cardinaux le connaissent.» Un séminaire sur Benoît XVI donné par Mgr Ouellet à McGill, en 2006, auquel avait assisté La Presse, confirme cette impression.

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Leonardo Sandri

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Parcours d'exception

Une importante rencontre à Rome en 2008 - un synode sur la parole de Dieu - a grandement contribué à le faire connaître. «Il était le rapporteur général, il devait résumer les interventions», explique l'archevêque d'Ottawa, Mgr Terrence Prendergast. «Il a impressionné tout le monde en faisant tout son discours en latin.»

Sa feuille de route est impressionnante. Mgr Prendergast cite notamment son passage au Conseil pour l'unité des chrétiens, importante dans le contexte d'un rapprochement avec les anglicans et les orthodoxes. De plus, les controverses qu'il a suscitées à Québec, vues du Vatican, «montrent qu'il est capable de s'occuper d'un grand diocèse».

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Timothy Dolan

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À titre de préfet de la Congrégation pour les évêques, il étudie depuis 2010 chaque nouvelle nomination à partir d'une liste de trois noms fournie par le nonce apostolique dans ce pays. Il rencontre chaque semaine Benoît XVI pour en discuter.

«Benoît XVI a décidé de prêter une attention particulière aux nominations d'évêques, dit M. Rodari. Marc Ouellet a été imprégné de tous les problèmes des Églises nationales, de leurs forces, de leurs faiblesses. Aucun autre cardinal n'a cette connaissance approfondie.»

En 2001, lors d'une visite du maire de Québec, Régis Labeaume, Marc Ouellet avait confié à des journalistes qu'être élu pape serait un «cauchemar». Cela peut-il lui nuire? «Tous les cardinaux disent ça», dit Philippe Vaillancourt, qui gère le site d'actualité catholique Crayon et goupillon. «Après avoir été élu, Benoît XVI avait dit avoir prié pour ne pas être élu. Être pape, c'est un travail énorme.»

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Christopher Schönborn

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CINQ AUTRES PAPABILI

Leonardo Sandri

Argentine, 69 ans, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales. Ses parents sont d'origine italienne et il a fait son entière carrière au Vatican, où il s'est taillé une réputation de gestionnaire efficace. Cela pourrait être utile pour moderniser la Curie, écorchée l'an dernier par le scandale «Vatileaks», mais cela est aussi considéré comme un défaut à cause de son manque d'expérience pastorale.

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Angelo Scola

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Timothy Dolan

États-Unis, 63 ans, archevêque de New York. Il est charismatique et conservateur sans être extrémiste - il ne refuse pas la communion aux politiciens pro-choix et considère qu'un homosexuel peut être prêtre s'il est chaste. Mais traditionnellement, un Américain ne peut être pape, parce que les États-Unis sont trop puissants géopolitiquement.

Christopher Schönborn

Autriche, 67 ans, archevêque de Vienne. Bien placé pour rapprocher les Églises catholique et orthodoxe russe. Mais son étoile a pâli en 2010 quand il a vertement critiqué celui qui était alors le numéro deux du Vatican, Angelo Sodano, pour sa gestion lente d'un scandale de pédophilie impliquant un évêque autrichien.

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Gianfranco Ravasi

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Angelo Scola

Italie, 71 ans, archevêque de Milan. Pie XI et Paul VI occupaient ce poste avant d'être papes. Il est, comme Marc Ouellet, très proche intellectuellement d'Urs von Balthazar, un théologien allemand qui a actuellement la cote à Rome.

Gianfranco Ravasi

Italie, 70 ans, président du Conseil pontifical pour la culture. Brillant et médiatique, mais cardinal depuis seulement trois ans. Il s'occupe depuis cinq ans des credo catholiques qui heurtent le plus la société moderne: contraception, avortement, euthanasie.

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Le curé Gravel prend ses distances du cardinal Ouellet 

Raymond Gravel n'est pas en faveur de la nomination de Marc Ouellet comme prochain pape. L'abbé croit que le successeur de Benoît XVI devra être une personne humaine et de coeur.

«Le cardinal Ouellet a de belles qualités. C'est un professeur et un théologien. Il a peut-être travaillé en Amérique du Sud, mais c'était dans un séminaire de formation de prêtres. Il n'a pas travaillé avec les gens du peuple. C'est ça que ça nous prendrait, quelqu'un proche de la réalité d'aujourd'hui.» 

M. Gravel a brièvement discuté avec Benoît XVI avant qu'il soit élu pape. 

À l'époque, il avait trouvé le cardinal froid. Hier, son opinion a changé. «J'ai été surpris par la qualité de cet homme-là. J'ai trouvé que c'était un signe d'humilité [sa démission].»

-Émilie Bilodeau




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