L'UMP en voie d'apaisement, sous pression de Sarkozy

De gauche à droite: Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé... (PHOTO MEHDI FEDOUACH, ARCHIVES AFP)

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De gauche à droite: Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé et François Fillon, à une époque plus heureuse pour l'UMP, le 9 octobre 2002.

PHOTO MEHDI FEDOUACH, ARCHIVES AFP

Nadège Puljak
Agence France-Presse
Paris

La bataille rangée depuis dix jours au sein de la première formation d'opposition française pour le poste de chef du parti UMP semblait mardi soir en voie d'apaisement, après un début de rapprochement entre les camps Copé et Fillon, imposé par Nicolas Sarkozy, son ex-patron.

L'ex-chef d'État, très discret depuis son échec à la présidentielle en mai, «est excédé par l'image dévastatrice du spectacle» donné par l'UMP (Union pour un mouvement populaire, droite) depuis l'élection controversée du 18 novembre, a affirmé à l'AFP un de ses proches sous couvert d'anonymat.

Les deux protagonistes du conflit qui met en péril l'UMP, Jean-François Copé et François Fillon, se sont rencontrés mardi après-midi. Et pour la première fois depuis le début du psychodrame, ils semblent être d'accord sur quelque chose.

Le premier, qui refusait tout nouveau scrutin, et le second, qui le réclamait, sont d'accord pour la tenue d'un référendum en décembre ou en janvier pour demander à leurs militants s'ils veulent une nouvelle élection.

Mais ils s'opposent en revanche sur les modalités, M. Copé entendant conserver son poste de président élu de l'UMP jusqu'au vote tandis que l'ancien chef du gouvernement exige une «direction collégiale».

Au-delà du poste de patron du premier parti d'opposition au socialiste François Hollande, l'enjeu vise surtout pour MM. Copé et Fillon l'obtention d'un tremplin pour la prochaine élection présidentielle de 2017.

Dans la seule journée de mardi, Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP sortant et déclaré nouveau président par des instances internes controversées, est passé du refus d'un nouveau scrutin, jugé incompatible avec les statuts de l'UMP, à l'offre d'un référendum sur celui-ci.

Parallèlement, François Fillon, ex-Premier ministre, a annoncé la création d'un nouveau groupe de députés, baptisé Rassemblement-UMP, pour finir par l'acceptation du référendum, sous réserve qu'il soit organisé «avec des garanties strictes d'impartialité».

Il avait entre-temps pris soin de dire que son nouveau groupe serait dissous dès qu'une nouvelle élection serait convoquée.

Les statuts de Rassemblement-UMP ont été officiellement déposés mardi soir.

«Chambre à part»

Après avoir menacé de saisir les tribunaux s'il n'obtenait pas satisfaction, François Fillon n'en a plus du tout évoqué la perspective mardi. Selon une source proche de Nicolas Sarkozy, ce dernier, tout en étant en faveur d'un nouveau scrutin, a fait savoir son opposition à cette saisie judiciaire pour un conflit interne à son mouvement.

Créer un nouveau groupe à l'Assemblée est une manière de faire «chambre à part», a expliqué le filloniste Dominique Dord.

Pour le président pro-Copé du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob, la création de ce nouveau groupe parlementaire signifie «l'éclatement de l'UMP». «Cela n'a pas de sens d'avoir un parti et deux groupes parlementaires», a-t-il relevé.

Près de 70 députés ont rejoint le nouveau groupe de François Fillon, sur les 194 que compte l'UMP. Au-delà de l'impact politique, cette création aura des conséquences financières, l'État accordant annuellement aux partis environ 42 000 euros par député s'en réclamant. Au Sénat, les fillonistes sont majoritaires parmi les 131 sénateurs de l'UMP.

Ebahis par le déballage de «Grandes haines» par des «Kamikazes» - les deux titres des hebdomadaires Le Point et L'Express -, la gauche au pouvoir, les centristes et le Front national (extrême droite) restent à l'affût, prêts à tirer les marrons du feu qui ravage l'UMP.

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