Un rapport commandé par le ministre français de l'Intérieur sur les « dysfonctionnements » mis au jour par l'affaire Merah met en exergue « plusieurs défaillances objectives », notamment dans l'évaluation de la dangerosité du jeune djihadiste français.        

Publié le 23 oct. 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

Les défaillances relevées dans ce rapport de la « police des polices » tiennent à « la conjonction d'omissions et d'erreurs d'appréciation », « des problèmes de pilotage et d'organisation des services » et à « des cloisonnements » entre différents services, selon le texte du rapport publié mardi par le ministre Manuel Valls.

Mohamed Merah, 23 ans, a assassiné dans le sud-ouest de la France trois militaires les 11 et 15 mars, puis trois enfants et un père de famille dans une école juive le 19 mars.

Lors du long siège de son appartement qui devait conduire à sa mort le 22 mars, le jeune homme, connu des services de renseignement depuis 2006 pour son appartenance à la mouvance salafiste, s'est revendiqué d'Al-Qaïda.

Le rapport examine notamment l'attention dont a fait l'objet Mohamed Merah, entre sa première identification par les services de renseignement et l'entretien qu'il aura à l'antenne de Toulouse (sud-ouest) de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) en novembre 2011 après un voyage au Pakistan.

Survenu quatre mois avant ses crimes, cet entretien est décrit comme un échec par les auteurs du rapport.

Dans ce document de 17 pages, les deux hauts fonctionnaires, Guy Desprats et Jérôme Léonnet, formulent un certain nombre de recommandations, notamment une amélioration de « la coordination entre les services » et un renforcement des « outils de détection, de surveillance et d'enquête ».

Ils relèvent qu'après ses crimes, et alors qu'il avait été « logé » (repéré) par la police, Mohamed Merah a pu sortir de son appartement et y revenir sans être vu.

Le rapport, remis le 19 octobre à Manuel Valls, « prend acte des dysfonctionnements passés afin de consolider la lutte antiterroriste au service de la sécurité des Français », selon un communiqué du ministère de l'Intérieur.