Francesco Schettino, le commandant du Costa Concordia qui a fait naufrage vendredi, avait déclaré en 2010 au journal tchèque Dnes qu'il ne voudrait pas «être dans le rôle du commandant du Titanic», vantant ses efforts en vue de la sécurité des passagers.

Mis à jour le 16 janv. 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Je ne voudrais jamais être dans le rôle du commandant du Titanic, obligé de naviguer dans l'océan entre les icebergs», a affirmé M. Schettino en décembre 2010, lors d'un entretien avec Dnes, repris lundi sur le site internet de ce journal.



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«Mais je pense que grâce à la préparation, on peut maîtriser chaque situation et prévenir d'éventuels problèmes», a-t-il poursuivi lors de cet entretien qui faisait partie d'un reportage sur une croisière.

«La sécurité des passagers compte au-dessus de tout!» a aussi affirmé M. Schettino, aujourd'hui montré du doigt pour avoir commis des erreurs dans la route du Concordia et la gestion de l'urgence.

Un siècle après la tragédie du paquebot britannique Titanic (environ 1500 morts) qui a coulé en avril 1912 après avoir heurté un iceberg, le Costa Concordia a fait naufrage vendredi soir près de l'île italienne du Giglio, après avoir heurté un rocher à environ 300 mètres de la côte.

«Heureusement, les gens oublient vite les tragédies. C'est comme lors des catastrophes aériennes. Les gens pensent que cela ne peut jamais leur arriver», a affirmé en 2010 M. Schettino à Dnes.

Selon lui, le film Titanic du réalisateur James Cameron a «même fait affluer les clients à bord des colosses transatlantiques».

«Aujourd'hui, tout est plus sûr grâce à une navigation plus facile, à un équipement technique sophistiqué et à internet. Si une erreur se produit, elle ne sera pas aussi fatale car nous sommes mieux préparés à affronter de possibles complications», lit-on aussi dans l'interview de Francesco Schettino de 2010.

«Une discipline quasi militaire doit régner sur le navire, pour cause de la sécurité», a-t-il souligné.

«Si une situation plus sérieuse se produit, le commandant devra tout avoir sous contrôle, et être là où c'est nécessaire», a encore déclaré le commandant, accusé aussi d'avoir quitté son navire avant que tous les passagers soient évacués.

Le bilan provisoire du naufrage du Costa Concordia est de six morts, une soixantaine de blessés et une quinzaine de disparus. Les recherches ont dû être interrompues temporairement en raison du mauvais temps.

«De très graves accusations pèsent» sur Francesco Schettino, selon l'armateur italien Costa, leader européen des croisières. Accusé notamment d'homicides multiples et d'abandon du navire, le commandant a été placé en détention à Grosseto (centre).

Le bateau transportait 4229 personnes dont plus de 3200 touristes de 60 nationalités différentes et un millier de membres d'équipage d'origines diverses.

Selon le journal Corriere della Sera, le commandant du Costa Concordia voulait faire un plaisir à un responsable des serveurs originaire de l'île italienne du Giglio, en passant près de ses côtes.

Selon le procureur de Grosseto, Francesco Verusio, l'alerte n'a été lancée au bord de Costa Concordia qu'une heure après l'impact. Selon certains témoignages, le commandement du navire aurait répondu à la capitainerie du port, alertée par des passagers, que la situation était sous contrôle et qu'il s'agissait d'un simple problème électrique.