Un procureur militaire polonais qui a tenté lundi de se suicider avec son arme a déclaré mardi que son acte était destiné à dénoncer des faits présumés de «corruption grave» dans des contrats d'achats de matériel militaire.

Publié le 10 janv. 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le procureur Mikolaj Przybyl a tenté lundi de mettre fin à ses jours lors d'une pause au cours d'une conférence de presse à Poznan (ouest), au cours de laquelle il avait notamment dénoncé la corruption et «les délits économiques organisés», pratiqués dans l'armée.

Il avait également évoqué une affaire d'écoutes téléphoniques présumées des journalistes enquêtant sur l'écrasement de l'avion du président Lech Kaczynski le 10 avril 2010 par le parquet militaire de Poznan, en clamant son innocence.

Mardi, il a assuré avoir fait l'objet de menaces, précisant que des inconnus avaient tenté de saboter sa voiture et tué son chien.

«Mon geste a été déterminé par les affaires sur lesquelles j'enquête, l'une des plus graves concernant des questions financières dans la police militaire», a-t-il dit à l'agence PAP à l'hôpital.

Le colonel Przybyl, qui a la réputation d'être compétent et intransigeant, a assuré qu'un contrat d'un million de zlotys (290 000 $) avait été conclu pour l'assassiner.

Le procureur a indiqué qu'il entendait également dénoncer par son geste le projet de démanteler les parquets militaires pour les remplacer par des civils.

«Je défendais des personnes que je connais et qui font un excellent travail, je voulais que les parquets militaires survivent», a-t-il déclaré précisant que son enquête sur la corruption avait «déclenché des pressions directes visant à accélérer la disparition des parquets militaires».

Les journalistes présents lundi à la conférence de presse ont déclaré avoir évacué la salle à la demande de M. Przybyl qui voulait faire «une pause».

«Nous avons entendu un bruit sourd et nous sommes retournés dans la salle en pensant qu'une des caméras était tombée. On a alors vu le procureur gisant immobile sur le sol dans une mare de sang, son arme à son côté», a déclaré un journaliste de TVN24 à l'antenne.

Le président polonais Bronislaw Komorowski a qualifié cet incident d'«inquiétant».