La police a tiré des gaz lacrymogènes devant le parlement grec mercredi vers 10H30 GMT, pour dégager les manifestants massés, au moment où les députés sont sur le point de voter un projet de budget pluri-annuel d'austérité vivement contesté dans la rue.

AGENCE FRANCE-PRESSE

L'Europe a les yeux braqués mercredi sur Athènes où les députés sont appelés à voter en début d'après midi en faveur d'un projet de budget d'austérité, crucial pour la poursuite du soutien financier au pays afin d'éviter la faillite et ne pas mettre en danger la zone euro.

Des manifestants en nombre encore peu élevé mais manifestement déterminés arrivent depuis le matin au centre-ville pour tenter de s'opposer au vote en encerclant symboliquement le parlement.

Selon une journaliste de l'AFP, la police a procédé à des jets de gaz lacrymogènes pour disséminer les groupes qui s'approchent du parlement.

Une bousculade a suivi et de nombreuses personnes se sont réfugiées en trombe dans l'entrée du métro de la place Syntagma, a indiqué un témoin à l'AFP: «Je rentre chez moi, il y a trop de gaz, trop de bousculades».

Pendant ce temps, à l'intérieur du parlement, les députés en séance poursuivent l'examen du texte, qui prévoit 28 milliards d'économies budgétaires sur quatre ans, et des privatisations d'un montant de 50 milliards sur la même période.

Une députée de l'opposition de droite, Elsa Papadimitriou, a annoncé en tribune qu'elle voterait en faveur du plan d'austérité dont la zone euro exige l'adoption par la Grèce pour ne pas l'abandonner à la faillite, en dépit du refus de son parti de faire de même.

«Oui donc», a lancé Mme Papadimitriou, concluant en tribune un plaidoyer en faveur du projet de budget pluri-annuel qui doit être soumis en début d'après-midi au vote du Parlement, où le gouvernement socialiste (Pasok) dispose d'une courte majorité de 155 sièges sur 300.

Le principal parti d'opposition, la Nouvelle Démocratie (droite), a dit et répété qu'il allait voter contre le plan, en dépit des pressions des créanciers du pays pour qu'une unité nationale se constitue autour du projet.

En salle de presse, des journalistes ont indiqué que l'heure du vote, initialement prévu à 14H00 (11H00 GMT) serait probablement reportée, étant donné le grand nombre d'orateurs inscrits pour participer au débat parlementaire.