Plus de 50 incendies ont été déclenchés dans la nuit de jeudi à vendredi à Naples par les habitants de quartiers envahis par des montagnes de déchets, rendant nécessaire l'intervention des pompiers, ont indiqué les autorités.

AGENCE FRANCE-PRESSE

La crise des déchets s'est accentuée ces derniers jours avec l'accumulation de plus de 2300 tonnes de sacs poubelles malodorants qui jonchent les rues y compris dans le centre historique. Dans la nuit de jeudi à vendredi, les pompiers ont dû éteindre 55 incendies de bac à ordures ou de tas de déchets.

Le maire de Naples, Luigi de Magistris, en place depuis seulement dix jours, a ordonné jeudi soir un ramassage des ordures 24 heures sur 24 et que les camions de ramassage soient escortés par des gardes armés.

Dans une interview au journal La Repubblica, le maire a affirmé que «différents milieux veulent que Naples reste ensevelie sous les déchets» soit «pour spéculer politiquement soit parce qu'ils répondent à des intérêts peu licites».

«Un cycle correct des ordures apporte des emplois, des économies (pour les collectivités locales, ndlr), une solution au problème ce qui ne plaît pas à certains», a-t-il dénoncé.

La Camorra, la mafia napolitaine, tire d'importants revenus d'activités qui vont du trafic de drogue au contrôle du ramassage et du traitement des ordures, en passant par l'immobilier.

Selon M. de Magistris, la Camorra s'oppose à son projet de «révolution environnementale» qui prévoit un ramassage porte à porte, le recyclage massif des ordures et la fermeture progressive des décharges à ciel ouvert, un plan qui porterait un coup sérieux à une activité traditionnelle de la mafia.

Issu du parti Italie des valeurs (opposition, gauche), le maire a aussi accusé le chef du gouvernement Silvio Berlusconi d'avoir abandonné la grande ville du sud de l'Italie à son sort.

Le risque d'une crise sanitaire a incité le président italien Giorgio Napolitano à monter au créneau et à demander «une intervention urgente du gouvernement».

M. de Magistris a les mains liées car dans le système local, le ramassage des ordures est du ressort de la ville mais la gestion des décharges est confiée aux départements qui dans le cas de Naples et sa périphérie sont pour la plupart aux mains de la droite de M. Berlusconi.

Naples a déjà fait la une de la presse mondiale en 2007/2008 puis de nouveau fin 2010, avec des photos du centre historique envahi d'immondices.