À cinq jours du deuxième tour des municipales, le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, a accusé lundi la gauche de vouloir transformer Milan, la capitale économique du pays et principal enjeu du scrutin, en «ville islamique remplie de Tziganes».

Publié le 23 mai 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

L'intensité de la campagne a été illustrée par l'octroi lundi par l'autorité des communications d'amendes à cinq chaînes de télévisions, deux du groupe public Rai et trois du conglomérat privé Mediaset appartenant à M. Berlusconi pour lui avoir accordé un temps de parole excessif vendredi lors d'une série d'interviews en rafale.

Les journaux télévisés de Rai Uno et Rete Quattro (Mediaset) devront verser 258 230 euros (environ 355 000 dollars canadiens) tandis que Rai Due, Canale 5 et Italia Uno devront payer une amende de 100 000 euros chacun (environ 137 400 dollars).

De son côté, M. Berlusconi a contribué lundi à durcir le ton de la campagne: «Milan ne peut pas devenir une ville islamique, une "Tziganopolis" pleine de camps de Roms et assiégée par les étrangers auxquels la gauche veut même donner le droit de vote», a-t-il dit sur le site de son parti, le Peuple de la liberté (PDL, droite).

Le candidat de gauche à Milan, Giuliano Pisapia, est en ballottage favorable avec 48% des voix contre 41,6% à la maire sortante, la candidate du PDL, Letizia Moratti à l'issue du premier tour qui s'est déroulé les 15 et 16 mai. Le second tour est prévu les 29 et 30 mai.

Silvio Berlusconi, né à Milan et dont la ville est un fief électoral, a appelé les Milanais à voter pour Mme Moratti, rappelant qu'il s'agit d'«un choix important pour l'avenir de notre ville et nous tous».

«Une ville comme Milan, une des capitales les plus importantes d'Europe du point de vue de l'intelligence, de la créativité et de l'esprit d'entreprise, ne voudra certainement pas se livrer à l'extrême gauche avec le risque de devenir une ville désordonnée, chaotique sans sécurité», a-t-il ajouté.

«Nous devons aller voter car nous ne voulons pas livrer Milan à une gauche autoritaire. Nous devons voter pour défendre nos intérêts, nos droits et notre liberté», a conclu le chef du gouvernement.

Vendredi, Silvio Berlusconi, qui affiche régulièrement son anticommunisme et se présente volontiers en victime de l'acharnement de juges «rouges» et d'une presse «gauchiste», avait déjà affirmé que les Milanais ne voulaient «pas que Milan tombe aux mains des extrémistes de gauche».

Lors du premier tour des municipales, près de 13 millions d'Italiens étaient appelés à élire les maires de 1310 communes sur 8100. Sur ce total, seules 11 villes avaient plus de 100 000 habitants, dont Milan, Naples, Turin et Bologne.

La gauche a remporté Turin et Bologne au premier tour, se trouve en ballottage favorable à Milan et en ballottage défavorable à Naples.