Le chef du Parti national-bolchevique et écrivain russe, Edouard Limonov, a été condamné vendredi à Moscou à 15 jours de prison pour trouble à l'ordre public, avant une manifestation de l'opposition à laquelle il devait participer, a indiqué un tribunal de la capitale.

AGENCE FRANCE-PRESSE

M. Limonov a été reconnu coupable de trouble à l'ordre public et condamné à 15 jours de détention, a indiqué le porte-parole du tribunal Gagarine, Piotr Tchenik, cité par l'agence de presse RIA Novosti.

L'opposant a été interpellé près de son domicile à Moscou, environ une heure avant une manifestation de l'opposition qu'il avait organisée à 18 h, sans avoir obtenu l'autorisation de la municipalité.

«Dans les rapports de police, il est écrit que j'ai dit des grossièretés et ainsi violé la loi sur l'ordre public», a déclaré M. Limonov à la radio Echo de Moscou, qualifiant ces affirmations de «mensonges».

«Depuis 40 ans je n'ai jamais dit de grossièretés. Et j'ai soi-disant opposé une résistance» aux forces de l'ordre lors de l'interpellation, a ajouté M. Limonov, âgé de 67 ans, qui a contesté toute rébellion.

Une autre figure de l'opposition russe, l'ancien vice-premier ministre Boris Nemtsov, a lui aussi été interpellé vendredi soir par la police qui l'a placé en garde à vue jusqu'au 2 janvier, indiqué dans l'ex-dissidente soviétique et opposante Lioudmila Alexeeva, citée par l'agence Interfax.

Au total, plus d'une centaine de personnes qui avaient répondu aux appels de l'opposition à manifester vendredi à Moscou et Saint-Pétersbourg ont été interpellées à quelques heures du Nouvel An, selon les agences russes.

La police russe a fait état de 68 interpellations à Moscou et 50 à Saint-Pétersbourg, au cours de deux manifestations non autorisées par les autorités locales.

La ville de Moscou a récemment autorisé le traditionnel rassemblement de l'opposition chaque 31 du mois, en référence à l'article 31 de la Constitution qui garantit la liberté de manifester, en limitant à 800 le nombre de participants.

Mais vendredi, une seconde manifestation à Moscou à l'appel du parti de M. Limonov, qui s'est désolidarisé de ses collègues car opposé à cette limitation, a été interdite par la municipalité.

Le chef du mouvement de jeunesse du parti Iabloko, Ilia Iachine, figure lui aussi parmi les personnes interpellées par la police moscovite qui a déployé d'importants effectifs dans le centre-ville à la veille du Nouvel An.

Une certaine confusion s'est créée dans la mesure où les deux manifestations, l'une autorisée, l'autre interdite, se déroulaient au même endroit, sur la place Trioumfalnaïa, à quelques encablures du Kremlin.

Des représentants de l'opposition ont critiqué la police pour avoir appréhendé des personnes qui souhaitaient participer à la manifestation autorisée.

Une centaine de personnes se sont ainsi rendues devant le bureau de police où était retenu M. Nemtsov pour réclamer qu'il soit relâché, en criant «Liberté pour Boris Nemtsov!».

A la manifestation autorisée, les participants ont entonné des slogans en soutien à l'ex-magnat russe du pétrole, Mikhaïl Khodorkovski, condamné jeudi à l'issue d'un second procès à une nouvelle peine de prison qui prolonge sa détention jusqu'en 2017.

Des ONG et des observateurs estiment que les poursuites contre M. Khodorkovski ont été engagées à la demande du premier ministre, Vladimir Poutine, afin de faire taire un détracteur encombrant.