Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a salué mercredi la ratification américaine du traité sur le désarmement nucléaire START, mais a estimé que Moscou avait «besoin de temps» pour étudier les documents américains avant de faire de même.

Publié le 22 déc. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous saluons l'approbation du traité par le Sénat américain», a déclaré M. Lavrov à l'agence Interfax.

«Cette décision va dans le sens des accords entre les deux présidents dont les efforts ont pour but d'assurer un développement dynamique des relations bilatérales», a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie russe a pourtant jugé que le texte de la résolution avait été «en quelque sorte amendé par rapport au projet initial».

Le Sénat américain a ratifié mercredi le nouveau traité de désarmement nucléaire START signé en avril avec la Russie, après plusieurs semaines d'intenses tractations à Washington avec des républicains réticents.

«La résolution de ratification (...) est un document complexe qui doit être étudié de manière approfondie», a estimé M. Lavrov.

«Au ministère et au Parlement, nous aurons besoin d'un certain temps pour étudier les documents de ratification américains», a-t-il souligné.

Un haut responsable parlementaire russe qui avait assuré mercredi matin que la Douma, la chambre basse du parlement, pourrait ratifier le traité avant la fin de l'année a nuancé ses propos dans la soirée.

«Nous devons faire une analyse approfondie du texte et des commentaires parce qu'il s'agit de notre sécurité nationale», a ainsi déclaré ce responsable, Léonid Sloutski, vice-président de la commission des Affaires étrangères de la Douma.

Le traité START (acronyme en anglais de Traité sur la réduction (du nombre) des armes stratégiques), conclu le 8 avril 2010 entre Barack Obama et son homologue russe Dmitri Medvedev, prévoit un maximum de 1550 têtes nucléaires déployées pour chacun des deux pays, soit une réduction de 30% par rapport à 2002.

Le texte permet en outre la reprise des vérifications mutuelles sur les arsenaux nucléaires des deux superpuissances, interrompues fin 2009.