Trente-deux députés proches de Gianfranco Fini, le président de la Chambre des députés, ont démissionné du parti de Silvio Berlusconi et créé leur propre groupe à l'Assemblée, ce qui pourrait priver le chef du gouvernement italien de la majorité absolue.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Ces transfuges du Peuple de la Liberté (PDL, grand parti de droite créé l'an dernier par les deux anciens alliés), parmi lesquels plusieurs ministres du gouvernement Berlusconi, ont anoncé officiellement à l'Assemblée qu'ils avaient décidé d'appeler leur groupe «Avenir et liberté pour l'Italie».

Le gouvernement de Berlusconi disposait jusqu'à présent d'une majorité confortable à la Chambre basse avec 271 PDL, 59 Ligue du Nord -le parti populiste et anti-immigrés dirigé par Umberto Bossi, deuxième grand allié du Cavaliere-, auxquels s'ajoutent 12 députés de centre-droit.

L'opposition dispose, elle de 269 sièges, tandis que 19 «autres» oscillent entre les deux camps. La majorité absolue est de 316 voix pour 630 députés.

L'éditorialiste du quotidien économique Sole 24 ore, Stefano Folli, avait annoncé dans la matinée qu'à partir d'une trentaine, les partants «seraient en mesure de faire perdre au gouvernement la majorité absolue à la Chambre».

Mais selon les médias italiens, le Cavaliere, prévoyant ces défections, a déjà commencé les tractations pour s'assurer le vote des indécis.

En tout état de cause, M. Berlusconi pourrait rencontrer des difficultés à faire passer des textes cruciaux, comme ses réformes de la justice, et être contraint de nouer à chaque fois des alliances avec quelques députés centristes mouvants.

Il avait toutefois jeudi soir écarté l'éventualité d'une chute de son gouvernement. «Il n'y a aucun risque. Nous disposons d'une majorité», a assuré le Cavaliere, rejetant l'éventualité d'élections anticipées avant l'échéance de 2013.

En confirmant vendredi qu'il n'avait nullement l'intention de démissionner de son poste de président de la Chambre, comme le pressait Silvio Berlusconi, M. Fini a fait savoir que ces députés «soutiendraient» le gouvernement sur les mesures conformes au programme du PDL.

Mais ils «n'hésiteront pas à s'opposer à des choix de l'exécutif injustes ou contraires à l'intérêt général», a-t-il averti.